« Nous sommes surpondérés sur la dette bancaire subordonnée »

le 25/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

explique Franz Loerch, gérant obligataire chez JPMorgan AM

L'Agefi : JPMorgan AM est à « surpondérer » en termes d’exposition crédit. Quel secteur jouez-vous dans le contexte actuel de détérioration générale du marché ?

Franz Loerch : Au sein des portefeuilles pouvant investir sur ce segment, nous sommes surpondérés sur le secteur bancaire, notamment sur les dettes subordonnées. En effet, si l’on regarde la qualité de crédit, les banques notées Aa3/A1 sont mieux considérées que les émetteurs non financiers notés A3/Baa1. Elles sont soumises à une réglementation très stricte et sont généralement sous la supervision de la Banque des règlements internationaux (BRI), de leur banque centrale et du régulateur national. Historiquement, les établissements financiers présentent le second plus bas taux de défaut après les services publics, selon les données de Moody’s. Les statistiques cumulées sur les dix dernières années montrent que le risque de défaut est six fois plus élevé chez les entreprises industrielles que chez les banques.

La situation peut-elle encore empirer pour les banques ?

Les dépréciations des grandes banques ont atteint 172 milliards de dollars fin janvier. Les fonds souverains ont partiellement compensé ces sommes par l’injection de 50 milliards de dollars et certains établissements financiers ont réalisé des émissions préférentielles pour renforcer leur capital. Il est probable que le manque à gagner global atteigne 250 milliards de dollars mais avec des ratios Tier 1 d’environ 8 %, les banques ont la capacité à faire face. Elles sont nombreuses à réduire leurs dividendes et à envisager des levées de capitaux afin de minimiser l’impact négatif de ces dépréciations.

L’action des banques centrales pour assouplir considérablement les politiques monétaires et accentuer la pente de la courbe des taux constitue le remède nécessaire au redressement des établissements bancaires, notamment avec le retour à la normale du Libor. De plus, ceux qui se situent parmi les quatre plus grands de leur pays sont trop importants pour disparaître. En cas de problème, ils seront soutenus afin d’éviter un bouleversement du système financier du pays.

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