Morgan Stanley accuse le coup de la crise au terme d’une année noire

le 18/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque de Wall Street a perdu 2,2 milliards de dollars au dernier trimestre à cause de ses activités de marché

Au lendemain de son homologue Goldman Sachs, Morgan Stanley s’est livré à l’exercice périlleux de la publication de ses comptes au titre du dernier trimestre 2008 (clos fin novembre). Alors que les deux banques d'investissement sont les seules de Wall Street à avoir survécu à la crise ayant balayé le secteur, toutes deux en portent les stigmates, notamment dans leurs activités de marché.

Là où Goldman Sachs a enregistré un résultat négatif de 2,12 milliards de dollars, Morgan Stanley a accusé une perte trimestrielle de 2,2 milliards de dollars, soit 2,24 dollars par action, contre une perte de 3,59 milliards de dollars un an plus tôt liée à l’enregistrement de 9,4 milliards de dépréciations au début de la crise. Ce résultat se révèle moins bon qu’attendu par les spécialistes qui misaient sur une perte de 0,34 dollar.

Les revenus dans la banque d’investissement ont chuté de 50% à 788 millions de dollars, comme chez Goldman Sachs (-48% à 1,03 milliard). Touchées par un net ralentissement de l’activité, les activités de conseil ont reculé de 32% à 528 millions de dollars, contre une baisse de 63% pour les activités de souscription (107 millions de dollars dans les actions et 108 millions de dollars dans les produits à taux fixes). Dans les activités de marché, les revenus issus du courtage sur actions ont reculé de 30% à 1,7 milliard de dollars. 

Morgan Stanley a par ailleurs enregistré une perte de 1,2 milliard de dollars au sein de sa division courtage sur produits à taux fixes et une autre perte de 1,1 milliard de dollars lié à des dépréciations sur prêts. Les pertes d’investissement du groupe se sont élevées à 1,8 milliard de dollars, en raison notamment d’engagements dans des fonds immobiliers.

Sur l’ensemble de l’année, Morgan Stanley est toutefois parvenue à demeurer rentable en dégageant un bénéfice de 1,7 milliard de dollars sur la base d’un produit net bancaire de 24,7 milliards de dollars.

Au jour de cette publication, l’agence de notation Moody’s a dégradé les notes de la dette senior de Morgan Stanley (de A1 à A2), mettant en lumière la vulnérabilité croissante du modèle du groupe à la crise, la faiblesse des résultats annoncés ainsi que la poursuite d’un environnement opérationnel difficile.

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