Un mois de mars à haut risque pour les banques

le 27/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Certes, la banque de Francfort a réaffirmé ses attentes en matière de résultat avant impôt, à 8,4 milliards d’euros comme annoncé début février, ainsi qu’une rentabilité de ses fonds propres de 25 %. Mais elle a également évoqué des conditions difficiles pour les marchés et l'économie en général en 2008 qui pourraient encore affecter les comptes des institutions financières.

Le groupe a ainsi averti dans son rapport que la compensation de ces « effets négatifs sur notre rentabilité via une bonne performance dans nos autres activités pourrait ne pas être possible, notamment si les prévisions d'une poursuite de la croissance économique en 2008, même plus faible, se révélaient incorrectes et que prévalaient des conditions économiques moins favorables ». Dès lors, « ces circonstances affecteraient sans doute notre capacité à parvenir à notre objectif de rentabilité avant impôt » explique-t-il un peu plus loin.

Deutsche Bank pense en effet que la crise du subprime pourrait continuer d’affecter ses résultats en contraignant l’institution à enregistrer de nouvelles dépréciations liées au crédit hypothécaire américain. Le groupe détaille d’ailleurs son exposition aux prêts immobiliers américains, qui atteint 9,8 milliards d’euros, dont 7,9 milliards au titres des Alt-A, ces prêts d’une qualité intermédiaire entre le prime et le subprime. Nette de couvertures, l’exposition retombe à 3 milliards.

D’autres compartiments peuvent inspirer des craintes. Il s’agit notamment du portefeuille de prêts LBO de la banque, qui s’élève à 36 milliards d’euros, et où des dépréciations sont probables compte tenu de l’évolution des indices depuis décembre. Le portefeuille de prêts sur l’immobilier commercial atteint lui 17,2 milliards, répartis entre les Etats-Unis et l’Europe.

Par ailleurs, le groupe n’est pas très confiant sur le court terme pour ses activités de banque d’investissement et de banque d’entreprise, qui sont les plus exposées aux turbulences des marchés financiers. La Deutsche Bank s’attend à ce que celles-ci soient ainsi considérablement plus faibles à court terme.

Josef Ackermann, PDG de la première banque allemande, a bien tenté de rassurer les investisseurs en évoquant le « bon » positionnement de son groupe sur le long terme, ces derniers semblent marqués par cet avertissement. Le titre a reculé hier de 1,97 % à 72,05 euros, et les credit default swaps (CDS) de Deutsche Bank se sont écartés de 11 points de base à 92 pb.

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