Mea culpa inédit du patron de la SEC dans le scandale Madoff

le 17/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Chrisopher Cox s’est dit profondément préoccupé face aux manquements apparents ayant permis la fraude. L’alerte avait pourtant été donnée

Face à la pluie de critiques, dans le sillage de l’affaire Madoff, quant à la qualité de ses investigations, la Securities and Exchange Commission (SEC) a clairement opté hier pour le chemin du repentir. « Je suis profondément préoccupé » a concédé son président, Christopher Cox.

De l’aveu même de ce dernier, la SEC a eu connaissance dès 1999, et à de nombreuses reprises depuis lors, d’« allégations crédibles et précises » concernant les agissements potentiellement répréhensibles de Bernard Madoff, sans qu’aucune enquête pourtant ne soit ouverte. Le patron du gendarme des marchés américains a dès lors ordonné l’ouverture d’une procédure de contrôle interne. Dans un communiqué, le président de la SEC reconnaît que la Commission a toujours fait confiance à l’information transmise sur une base volontaire par Bernard L. Madoff Investment Securities, sans demande spécifique et divulgation contrainte d’informations. Le président de la SEC n’a pas fourni de détails quant aux alertes transmises au cours de la dernière décennie et qui auraient pu mener à l’ouverture d’une enquête formelle.

Christopher Cox a indiqué hier que les constatations préliminaires concernant les dérives des activités de la socité de conseil en investissement mettaient en lumière que Bernad Madoff établissait une comptabilité multiple et des faux en écriture afin de berner « les investisseurs, le régulateur et le public ».

L’enquête interne, engagée de façon « immédiate et exhaustive », devra selon Christopher Cox déterminer pourquoi les alertes successives n’ont pas été prises au sérieux. Elle étudiera les relations qui ont pu exister entre les membres de la famille et des sociétés de Bernard Madoff et ceux de la SEC, ainsi que l’influence éventuelle de ses relations sur le travail de régulation de l’agence.

Sans les nommer, la SEC vise semble-t-il dans ce contexte notamment une nièce de Bernard Madoff, Shana Madoff. Cette juriste au sein du groupe financier est l’épouse, depuis l’an dernier, d’Eric Swanson, ancien directeur adjoint de la SEC jusqu’en août 2006. Les époux se seraient rencontrés cette année-là.

Un professeur de droit des marchés cité par Bloomberg évoque au sujet du communiqué de la SEC une « incroyable confession, sans précédent » concernant la façon dont l’agence de surveillance a manqué à son devoir.

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