« Les marchés actions ont intégré en grande partie la baisse des bénéfices »

le 31/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

juge Yves Maillot, responsable des investissements et de la gestion actions de Robeco Gestions

L’Agefi : Quelles sont vos anticipations à court terme sur les marchés actions ?

Yves Maillot : L’évolution des marchés actions au cours des derniers mois a été le résultat d’un « mur d’incertitudes » qui a accompagné les craintes d’une crise systémique émanant de la crise financière qui s’est déclenchée à l’été 2007. Tirant sa source du retournement de l’immobilier résidentiel américain, celle-ci a ensuite contaminé l’ensemble des marchés du crédit et a compliqué le financement des opérations d’investissement (LBO notamment). Dans ce contexte les autorités monétaires sont intervenues très vite pour porter remède aux problèmes de liquidité, action accompagnée d’une baisse agressive des taux dans le cas de la Fed. Nous pensons donc que les marchés actions ont intégré en grande partie le scénario d’une baisse des bénéfices lié au ralentissement économique mondial. C’est particulièrement vrai aux Etats-Unis où le taux de rendement du S&P 500 est actuellement supérieur à 7 % contre 3,5 % pour la rémunération des emprunts d’Etats à 10 ans. Néanmoins cette évaluation attrayante ne peut constituer à elle seule un indicateur de retournement.

 

Quels catalyseurs permettraient de sortir de la crise ?

Au-delà de la capacité des banques centrales à faire face aux problèmes de court terme, la restauration durable de la confiance des marchés nécessitera plus de temps ; cela passera par une normalisation des conditions de refinancement bancaire qui puisse ensuite se diffuser à l’ensemble de l’économie, permettant notamment aux entreprises solvables de s’endetter à bon escient sans être pénalisées. Tout ceci est loin d’être évident d’ici à la fin 2008, compte tenu du côté excessif du sentiment de marché qui favorise la volatilité (arbitragistes, importance des positions courtes…). Il est toutefois possible que certaines classes d’actifs à risque, dont font partie les actions, rebondissent avant même la fin « structurelle » de la crise.

A lire aussi