Lancement réussi pour la nouvelle OAT indexée sur l'inflation française

le 14/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'émission à 15 ans a porté sur un montant de trois milliards d'euros contre un carnet d'ordres de 6,4 milliards d'euros

L’appétit pour les obligations assimilables du Trésor indexée sur l'inflation française (OATi) ne se dément pas. Hier, l'Agence France Trésor (AFT) a lancé avec succès sa nouvelle OATi à 15 ans d’échéance le 25 juillet 2023, qui a porté sur un montant de 3 milliards d’euros. Le carnet d'ordres ouvert mardi en milieu de journée a atteint 6,4 milliards d’euros en fin de journée. Le prix de l’émission a été fixé à 98,685 % pour un coupon à 2,10 %. Le taux d’intérêt réel est de 2,20 %, ce qui fait apparaître un rendement de 29 points de base au-dessus de l'OATi 2017.

L'AFT a noté une forte demande pour la couverture des engagements liés aux produits d’épargne réglementés ou dont le taux suit celui des produits réglementés (39 % des titres alloués) mais aussi comme investissement pour les assureurs et les gestionnaires actif-passif des banques (15 %) et les fonds de pension (9 %). De fait, ces produits indexés permettent aux caisses de retraites françaises et aux compagnies d’assurances de couvrir respectivement les engagements retraites et les primes encaissées contre l'inflation. De plus, le taux de rémunération du Livret A, indexé sur l’inflation affecte, selon BNP Paribas, 400 milliards d'euros d'épargne, ce qui soutient l'appétit pour les OATi.

Le risque d’inflation domestique a aussi séduit les investisseurs étrangers friands de diversification. « De fait, 60 % des ordres alloués proviennent de France et 40 % viennent d’investisseurs non résidents. La distribution géographique et la vitesse de construction du carnet reflète une demande forte en France mais aussi l’appétit des non-résidents pour les OATi. La nouvelle obligation indexée sera par la suite abondée par adjudication afin de garantir aux investisseurs une liquidité comparable à celle des autres OAT indexées », précise-t-on à l’AFT. L’Europe continentale atteint 17,4 %, le Royaume-Uni 13,5 % et les Etats-Unis 8,3 %.

Aux yeux de Natixis, les fonds de pension britanniques constituent une source importante de demande. Selon la banque française, ceux-ci financent les engagements de retraite au travers des gilts indexés, mais dont « l'encours est insuffisant et le prix très cher». Ce qui contraint les fonds à acheter des OATi plus liquides. La part de ces produits détenue par les investisseurs étrangers ne cesse de croître. En 2002, elle était de 31,9 %, au deuxième trimestre 2007 de 39,7 %.

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