L'industrie financière fait son autocritique

le 26/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour sortir de la situation actuelle, deux éléments sont jugés indispensables : « L’explication du mode de liquidité des véhicules d’investissement » et « une plus grande transparence des comptes des établissements de crédit ». Transparence et simplification sont en effet les deux promesses pour l’avenir qui sortent du sondage. Ainsi, les participants plaident notamment pour une refonte du système de notation pour le rendre « plus transparent » et pour qu'il prenne désormais en compte le risque de liquidité. Toutefois, « on appelle davantage une correction qu’une révolution », souligne Keima.

Montrées du doigt depuis quelques mois, les agences de notation sont sévèrement jugées par les répondants à cette étude. Toutefois, les intermédiaires financiers, les hedge funds et les gestionnaires d’actifs ont aussi leur part de responsabilité. Les autorités monétaires sont en revanche vues d’un œil positif, ayant eu « un rôle stabilisateur dans la crise ». Quant aux autorités de contrôle du secteur, elles « semblent avoir un problème de perception », près de la moitié des personnes estimant qu’elles n’ont joué aucun rôle dans cette crise, qui les concerne au plus haut point. Chez ces autorités, comme chez les dirigeants et surtout les actionnaires, le niveau de connaissance du risque est jugé « insuffisant ». Ces derniers sont même tenus comme responsables de l’exposition des groupes aux risques, poussant à une maximisation de leurs profits.

Les solutions évoquées dans le sondage témoignent d’un désir de « retour aux fondamentaux » de la part des acteurs financiers, rapporte Keima : les investisseurs doivent être plus exigeants sur les risques portés par les produits financiers complexes, alors que l’information concernant les produits financiers doit être « plus compréhensible ». « Certains groupes réfléchissent déjà à une modification de leur communication. L’accent ne sera sans doute plus sur ce qu’on a appelé la "chaîne de confiance" qui mettait en avant la performance, le rating ou le track record d’un produit, sans expliquer véritablement son fonctionnement », indique Philippe Matherat-Audan, président de Keima. Les participants indiquent privilégier désormais les critères de liquidité et de simplicité dans le choix des produits financiers et non plus la réputation des émetteurs ou la notation. « BNP Paribas, Axa et Oddo, dont la communication a été vivement critiquée au cours de l’été dernier, bénéficient rétrospectivement d’une prime à la prise de parole », ajoute-t-il.

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