Iberdrola préparerait une défense anti-OPA avec Morgan Stanley

le 04/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La matérialisation d’une offre d’EDF serait dans la logique d’une concentration croissante de l’industrie électrique et gazière européenne

Iberdrola prépare sa riposte. C’est du moins ce que rapporte Bloomberg qui tiendrait ses sources de 2 personnes tenus au courant d’un plan anti OPA sous l’égide de Morgan Stanley. Le choix de la banque d’affaires américaine serait d’autant plus naturel que Morgan Stanley avait déjà conseillé Iberdrola, qui vaut actuellement 52 milliards d’euros en Bourse, pour repousser les assauts de son principal concurrent domestique Endesa en 2000 et ceux du distributeur gazier Gas Natural en 2003. Le montant de ces 2 offres s’était alors élevé à respectivement 9 milliards et 17,5 milliards d’euros.

La capitalisation boursière d’Iberdrola a augmenté d’un tiers depuis le 23 janvier, date à laquelle le quotidien espagnol Cinco Dias a fait état de l’intérêt de l’électricien français EDF et de son homologue allemand E.ON pour le deuxième producteur d’électricité espagnol, alors que le leader Endesa s’est fait racheter l’année dernière par l’italien Enel au détriment d’E.ON après une bataille boursière de 25 mois.

«Iberdrola est désormais la seule proie possible en Espagne pour un concurrent souhaitant élargir son assise européenne», affirme t-on chez Barclays Fondos à Madrid. La valeur des opérations boursières en Europe dans ce secteur a atteint l’année dernière plus de 145 milliards d’euros, Iberdrola ayant elle-même repris le producteur d’électricité britannique Scottish Power pour 14,4 milliards de livres (19 milliards d’euros). Détentrice du plus large parc d’éoliennes au monde, Iberdrola s’était déjà engagée en octobre dernier à faire croître ses bénéfices et son dividende d’au moins 11 % par an entre 2008 et 2010.

Malgré un démenti apporté par EDF sur le fait qu’il aurait déjà acquis 3 % d’Iberdrola, les ambitions du premier concernant le producteur transalpin peuvent paraître fondées après les propos tenus le 31 janvier par le porte-parole de la présidence française, selon lesquels le gouvernement de Madrid est informé de l'intérêt "de principe" d'EDF pour le marché espagnol. Afin de garder toutes les options ouvertes, la Vice Premier Ministre espagnole Maria Teresa de la Vega a précisé le 1er février que l’attitude de Madrid serait guidée «par l’intérêt général et celui du consommateur». Les actionnaires actuels d’Iberdrola, déjà récompensés par une surperformance du titre depuis plusieurs années, devraient sans doute également y trouver leur compte.

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