La Fed répond présent au chevet des marchés

le 19/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans son communiqué, le Federal Open Market Committee souligne que « les marchés financiers demeurent soumis à des tensions considérables et le resserrement des conditions du crédit comme l’aggravation de la contraction immobilière sont susceptibles de continuer à peser à la croissance au cours des prochains trimestres ». Evoquant la persistance d’un « risque à la baisse pour la croissance, » le FOMC se dit « prêt à agir en temps utile pour promouvoir une croissance économique soutenable ». En clair, il laisse la porte ouverte à de nouvelles baisses des taux après un allègement de la contrainte monétaire déjà considérable. Toutefois, le président de la Fed de Dallas Richard Fisher et son homologue de Philadelphie Charles Plosser ont voté contre la baisse d’hier, excessive à leurs yeux.

Depuis la mi-août, l’objectif sur les fonds fédéraux a été réduit à six reprises et le taux d’escompte abaissé huit fois. A 2,25%, l’objectif sur les fonds fédéraux a pratiquement diminué de moitié depuis le début de l’année. Un chiffre à rapprocher d’un indice des prix à la consommation en hausse de 2,3% en rythme annuel en février, hors énergie et alimentation. Le FOMC estime d’ailleurs que « l’inflation a été élevée » et que « l’incertitude quant aux perspectives de l’inflation s’est accrue » même si les tensions sur les prix « devraient s’apaiser dans les trimestres à venir ».

Il n’est reste pas moins que la marge de manœuvre de la Réserve fédérale apparait de plus en plus étroite. « Compte tenu du niveau de l’inflation, on approche d’une réelle tension entre le traitement du problème de liquidité des banques et des marchés de capitaux et la volonté de garder l’inflation sous contrôle à long terme, » observait ainsi l’ancien gouverneur de la Fed Susan Bies.

En l’espace d’une semaine, la banque centrale des Etats-Unis aura ainsi abaissé massivement ses taux directeurs, dont l’un à deux reprises, se sera engagée à injecter jusqu’à 200 milliards de dollars sur le marché, aura mis en place une nouvelle facilité de paiement en faveur de courtier et donné son feu vert à la reprise de Bear Stearns par JP Morgan, opération qu’elle a soutenue par un financement évalué à 30 milliards de dollars -  une initiative sans précédent depuis la Grande Dépression. Cet activisme ne surprend pas ceux qui ont suivi la carrière de Ben Bernanke. Professeur d’économie à Princeton avant de prendre la tête de la Réserve fédérale en février 2006, il a consacré une partie importante de ses travaux à cette crise des années 30, à propos de laquelle il a publié une série d’essais en 2005. Il a notamment conclu que la crise aurait pu être évitée si la Réserve fédérale avait été beaucoup plus présente et active. Une théorie dont il semble déterminé à démontrer la pertinence aujourd’hui.

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