« En changeant de ton, la BCE retire un soutien pour l’euro face au dollar »

le 25/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

estime Thierry Sarles, gérant obligataire international chez CPR AM

L'Agefi : Quels sont les facteurs de soutien pour le dollar?

Thierry Sarles : Le dollar, dans sa valorisation actuelle, intègre un très grand nombre de facteurs défavorables. Tout d’abord, l’activité économique américaine a déjà ralenti, les indices de confiance ont beaucoup baissé, l’ISM des services passant dans la zone de récession. Compte tenu du ralentissement de la demande intérieure, la balance commerciale a arrêté de se dégrader et commence même à se redresser. La Fed a baissé son taux de refinancement de 225 points de base depuis l’été 2007 de 5,25 % à 3 %, dont 75 points de base en "intermeeting" mi-janvier, et le marché anticipe ce taux à 2 % au début de l’été.

En zone euro, les mauvaises nouvelles commencent à arriver. La BCE vient juste de changer son discours en abandonnant la thèse du découplage avec l’économie américaine et pointe les risques de ralentissement, dont le marché a déjà pris acte en anticipant des baisses de taux, retirant ainsi un grand soutien pour l’euro face au dollar.

La politique de baisse de taux modérée et opportune de la BoE est-elle une bonne nouvelle pour la livre?

Le dernier rapport sur l’inflation de la BoE montre bien la difficulté de l’exercice auquel elle doit faire face. En simulant l’impact des baisses de taux anticipées par le marché sur l’inflation à venir, l’objectif de repasser en dessous du taux cible de 2 % à moyen terme n’est pas réalisé. Cette même simulation à taux inchangé le permet.

En zone euro, comme le mentionne Jean-Claude Trichet dans son dernier discours, les anticipations d’inflation à moyen terme restent bien ancrées et ne devraient pas entraver la BCE dans ses décisions de politique monétaire, enlevant du soutien pour l’euro face à la livre. La variation du différentiel de taux courts anticipé revient en faveur de la livre.

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