Deutsche Bank résiste à la crise

le 08/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré des dépréciations d’actifs de 2,2 milliards d’euros, la première banque allemande réussit à sauver la mise en dégageant un résultat record

La première banque allemande Deutsche Bank a rassuré jeudi en annonçant des résultats 2007 en ligne avec ses prévisions et en maintenant dans la foulée ses objectifs pour 2008. Malgré une forte chute de son résultat au quatrième trimestre, la banque est parvenue à dégager pour l’ensemble de l’année un bénéfice avant impôts de 8,7 milliards d’euros, en hausse de 5 % par rapport à 2006. Son bénéfice net a même atteint un nouveau record, à 6,5 milliards d'euros, soit une hausse de 7 % sur un an. Avec un taux de rentabilité de 29 %, Deutsche Bank est parvenue à dépasser une nouvelle fois son objectif de 25 % de rentabilité sur fonds propres.

Son patron, Josef Ackermann, s’est félicité de la décision prise dès l’éclatement de la crise en août dernier, de réduire autant que possible ses engagements sur le marché des crédits. « Les dépréciations d'actifs de 2,2 milliards d'euros que nous avons effectuées au troisième trimestre démontrent que nous n’avons pas été complètement à l’abri des turbulences, mais dans l’ensemble notre plate-forme a fait preuve de solidité », a-t-il expliqué. A l’instar des années passées la branche d’affaires (Corporate & Investment Banking) est demeurée la principale source de revenus de la banque, dégageant un bénéfice imposable de 5,1 milliards d’euros, un milliard de moins qu’en 2006. Ce recul a été surcompensé par l’amélioration des résultats dans les activités dites stables comme la banque de détail et la gestion d’actifs. Les actionnaires seront gratifiés d’un dividende en hausse de 12,5 % à 4,50 euros.

Malgré la persistance de la crise Josef Ackermann a confirmé les objectifs pour 2008 d’un bénéfice imposable de 8,4 milliards d’euros. « Je sais que c’est un but courageux mais il n’est pas hors de portée», a-t-il estimé. Son optimisme repose sur l’espoir d’enlever des parts de marché à ses compétiteurs affaiblis par la crise. Parallèlement la banque veut s’appuyer sur les pays émergents comme la Chine et l’Inde. Pour les analystes comme Konrad Becker de la banque MerckFinck, l’objectif du groupe est ambitieux mais sa bonne résistance à la crise au quatrième trimestre a démontré que la banque est capable d’atteindre de bons résultats.

Pour la première fois Deutsche Bank se dit également ouverte à des acquisitions majeures, notamment de Postbank, le numéro un allemand de la banque détail. En revanche, la banque ne projette aucun rachat de la Société Générale.

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