La détérioration de l’économie prend de l'ampleur en Europe

le 24/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En Grande-Bretagne, le PIB s’est contracté de 0,6% entre juillet et septembre. L’économie espagnole devrait plonger de 1,5% au dernier trimestre

Les statistiques économiques de l’Europe s’enfoncent dans le rouge. C’est ce qui ressort après les publications de plusieurs pays européens hier. Les autorités danoises ont ainsi confirmé le recul de 1,2% sur un an au troisième trimestre de leur PIB, tandis que par rapport au trimestre précédent l’économie du pays s’est repliée de 0,4%. En Grande-Bretagne, le Bureau national de la statistique a révisé à 0,6% la diminution de l’activité économique britannique entre juillet et septembre, contre 0,5% lors de sa première estimation. En rythme annuel, le Royaume-Uni affiche néanmoins encore une croissance de 0,3%, mais cela ne devrait pas durer.

L’économiste de Bank of America, Matthew Sharatt, prévient que «le déclin que nous devrions observer au quatrième trimestre 2008, puis au premier trimestre 2009, risque d'être bien pire qu'au troisième trimestre». Chez Barclays on estime que le PIB britannique devrait en l’espèce se contracter de 0,9% sur les trois derniers mois de l’année. Des chiffres qui font penser aux investisseurs que la Banque d’Angleterre pourrait de nouveau intervenir, soit par une nouvelle baisse de ses taux, soit en injectant des liquidités.

La situation économique serait encore plus dégradée en Espagne. Selon le quotidien El Mundo qui s’appuie sur une note du gouvernement, le PIB espagnol se contracterait de 1,5% au dernier trimestre, après avoir déjà reculé de 0,2% lors de la période précédente. Une récession qui survient sur fond d’effondrement du marché immobilier. Plusieurs analystes estiment que le PIB ibérique devrait diminuer de plus de 1% l’année prochaine et pourrait même poursuivre son déclin en 2010. Une dégradation qui devrait en outre s’accompagner d’une forte détérioration du marché de l’emploi, puisque les spécialistes tablent désormais sur un taux de chômage supérieur à 15% en 2009 et proche de 20% l’année suivante.

Hier, seul les Pays-Bas ont réussi à annoncer une croissance de leur économie. Cependant, même si celle-ci a crû de 1,8% au troisième trimestre par rapport à l’an dernier, l’économie néerlandaise n’a pu éviter un sévère ralentissement, puisqu’entre avril et juin elle avait augmenté de 3%. Les autorités ne sont d’ailleurs pas très optimistes. Ainsi ont-elles indiqué en début de mois que la cinquième économie de la zone euro devrait reculer de 0,75% l’an prochain.

A lire aussi