« Une crise du sterling est peu probable »

le 31/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

estime Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel

L'Agefi: Voyez-vous la crise du dollar samplifier ?

Jean-Louis Mourier : La tendance à la baisse du dollar est le fruit de l’accumulation des déséquilibres depuis de nombreuses années. L’accélération récente du mouvement est, en revanche, le fruit de la crise immobilière et financière que traversent les Etats-Unis. Certes, les institutions financières européennes et asiatiques ont aussi dû déprécier une partie de leur portefeuille d’actifs. Elles subissent aussi l’assèchement de la liquidité sur les marchés monétaires et des titrisations. Mais le cœur de la crise est bel et bien aux Etats-Unis. Les dernières mesures annoncées par les autorités politiques et monétaires américaines, si elles ne règlent pas encore totalement cette crise, sont de nature à empêcher une aggravation supplémentaire. Toute amélioration de la confiance des agents financiers, tout signe de diminution des tensions sur les marchés obligataires et monétaires provoqueront un regain de faveur du dollar à court terme.

La livre peut-elle suivre le même chemin que le billet vert ?

Les conditions sont très différentes. Le dollar pâtit d’autant plus de sa faible rémunération que la crise bancaire engendre une défiance marquée des investisseurs. Des inquiétudes sont apparues sur quelques établissements britanniques mais elles restent sans commune mesure avec le risque mis en avant outre-Atlantique. Surtout, même si Mervyn King, gouverneur de la BoE, estime que la prolongation de la crise financière augmente la probabilité d’une baisse prochaine des taux directeurs de la BoE, ces risques restent élevés au regard de ceux qui prévalent dans les autres grandes économies. Dans ces conditions, la tendance à la dépréciation de la livre ne devrait pas s’amplifier ces prochains mois. Une « crise » du sterling est peu probable.

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