Les craintes inflationnistes aux Etats-Unis s'exacerbent

le 29/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le point mort d’inflation à 10 ans aux Etats-Unis a connu un vif rebond depuis janvier, passant de 2,20% à plus de 2,45%

Les inquiétudes du patron de la Fed, Ben Bernanke, soulevées devant le Congrès américain mercredi ont davantage porté sur la croissance outre-Atlantique que sur l’inflation. Et le dirigeant a même affirmé hier qu'il "n'anticipe pas de stagflation", démentant tout parallèle avec la situation des années 70. Une réponse au marché, qui semble juger sur ce point que la stratégie de la Fed de baisses drastiques de taux dans un contexte de pressions inflationnistes n’est pas sans risque. Alors que les inflations globale et sous-jacente ont dernièrement enregistré des niveaux de croissance de 4,5% et de 2,3%, aux yeux de Natixis, «un assouplissement monétaire agressif peut nourrir les anticipations inflationnistes et, in fine, conduire à un changement dans le comportement des agents économiques prenant en considération ce risque». D’ailleurs, le point mort d’inflation à 10 ans aux Etats-Unis (différence de rendement entre obligations nominales et réelles indexées sur cette échéance) qui traduit les anticipations long terme du marché en matière d’inflation a connu un vif rebond depuis janvier, passant de 2,20% à plus de 2,40%.

«Le point mort d’inflation 10 ans américain actuellement en hausse à 2,46% traduit les craintes des investisseurs d’une poursuite de la hausse de l’inflation compte tenu de la politique de relance budgétaire et monétaire de l'économie outre-Atlantique. Dans un contexte de baisse du billet vert et d'inflation annuelle à 4,3%, le rendement des titres indexés sur l'inflation américaine est attractif, précise Christophe Dehondt, gérant inflation chez CPR AM. Par ailleurs, l'encours de cette classe d'actifs inflation américaine, representant moins de 20% de la dette nominale, devrait connaitre un effet rareté». Un rally est donc possible sur ce marché.

De plus, la pentification de la courbe des taux (l’écart de taux entre le 10 et le 2 ans atteint un record de 184 pb) peut selon Natixis «aussi être l’expression de l’anticipation d’un retournement plus rapide du cycle monétaire, en raison principalement de ce risque inflationniste». D’ailleurs, hier, même si Ben Bernanke a affirmé hier devant le Congrès que les anticipations d’inflation restaient stables, il a ajouté qu’«il y a actuellement plus de pressions inflationnistes aujourd’hui que lorsque la banque centrale a répondu au ralentissement de 2001».

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