Coup de froid sur l’économie américaine en fin d’année

le 31/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A 0,6 %, la croissance du quatrième trimestre s’est révélée deux fois moins élevée qu’attendu en raison de l’ajustement à la baisse des stocks

Si le ralentissement de la croissance américaine était prévu, il a été plus marqué qu’attendu. Face à un consensus de 1,2 %, la croissance au quatrième trimestre n’a pas dépassé les 0,6 %. Conséquence : la croissance annuelle, de 2,2 %, a été la plus faible des cinq dernières années.

Pourtant, la consommation a montré des signes de résistance à +2 % sur le trimestre (après 2,8 % sur le trimestre précédent). « C’est encore un taux de croissance raisonnable dans le contexte économique », remarque ING. Les raisons sont donc à chercher ailleurs. Bien que ne représentant que 5 % du PIB, l’investissement résidentiel « a encore lourdement pesé sur la croissance », constate Global Equities. En chute de 23,9 %, il est en effet responsable d’une contribution négative de 1,18 point. Mais, comme l’indique ING, « le coup de massue sur cette publication a sans conteste été l’impact de la variation des stocks ». Anticipant très certainement un ralentissement de l’activité, les entreprises ont réduit le niveau de leurs stocks de 3,4 milliards de dollars. Un mouvement qui a ôté 1,25 point de pourcentage au PIB.

« Cette fois, la décélération marque probablement le début d’une orientation à la baisse de la croissance pour les prochains trimestres », anticipe BNP Paribas. Après la faiblesse du quatrième trimestre, Morgan Stanley précise également attendre un chiffre négatif au premier trimestre. Toutefois, cet effet stock permet d’apporter une légère touche d’optimisme aux discours. « Ce net recul (des stocks) va réduire les besoins d’ajustement des stocks estimés jusqu’ici pour les trimestres à venir, poursuit BNP Paribas. Autrement dit, cela tempère la sévérité des précédents pronostics sur le déclin attendu aux premier et deuxième trimestres ».

Global Equities va même plus loin. L’intermédiaire juge que, du fait de ses composantes, « ce ralentissement de la croissance (…) ne présente pas des caractéristiques fondamentalement inquiétantes ». Et d’ajouter : « Nous estimons toujours que l’économie américaine devrait éviter la récession en 2008. »

Enfin, un autre facteur a retenu l’attention. Parallèlement au tassement de la croissance, les statistiques ont mis en avant une hausse de 2,7 % de l’indice de base des prix à la consommation (PCE). Ce qui suggère à Morgan Stanley que « les chiffres de l’inflation du début 2008 ne seront pas aussi favorables que ceux de la mi-2007 ».

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