Le bras de fer s’engage sur le volet salarial à la Caisse des dépôts

le 25/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les syndicats ont boycotté le Comité mixte paritaire central de vendredi. Et freinent les réformes prévues par le nouveau DRH du groupe

Pétitions, boycott du Comité mixte paritaire central (CMPC) de vendredi… C’est le bizutage de Jérôme Nanty, officiellement DRH du groupe Caisse des dépôts (CDC) depuis le 1er février, aux côtés d’Augustin de Romanet, directeur général. Les syndicats réclament pour tous les salariés « une prime de 3.000 euros au regard des excellents résultats de la CDC ». La direction leur a opposé un refus de principe : le personnel ne subit pas de perte de pouvoir d’achat, des discussions plus larges sur les rémunérations dans la fonction publique sont ouvertes depuis lundi dernier entre ministres et syndicats concernés et c’est la mise en place d’un Plan d’épargne retraite collectif (Perco) maison qui est à l’ordre du jour. « Une telle prime peut mettre à mal mon projet de Perco étendu aux fonctionnaires, a indiqué en interne Augustin de Romanet, et la Cour des Comptes nous regarde de près… »

Loin d’être dissuadés par les investigations de la Cour des comptes avant le prochain accord cadre de l’établissement public (2008-2012), les syndicats ont quatre revendications : outre le Perco, négocier le rachat des RTT en droit privé, attribuer un supplément d’intéressement et, pour les fonctionnaires, faire évoluer l’allocation complémentaire de fonction (part variable de prime). Les partenaires sociaux se retrouveront mardi pour une discussion sur la redistribution.

Jérôme Nanty devait présenter, vendredi, aux représentants du personnel la réorganisation de sa direction. « Nous sommes face à trois enjeux : créer un sentiment d’appartenance au groupe, c’est-à-dire au sein de l’établissement public entre ses directions (soit parmi 6.000 personnes, dont 4.000 fonctionnaires) et avec les filiales, ce qui concerne près de 70.000 collaborateurs ; favoriser la mobilité entre ces entités et mettre en place des outils de recrutement attractifs », explique-t-il. Pour y faire face, l’ancien DRH de LCL (groupe Crédit Agricole) a décidé d'animer les différentes équipes RH - des filiales à l’établissement public placé sous la responsabilité de Jean-Marc Maury qui lui rapportera.

Ensemble, ils travaillent déjà notamment à un plan de gestion prévisionnel de l’emploi et des compétences qui vise à évaluer les besoins qualitatifs et quantitatifs à horizon de trois ans, une enquête sur le climat social et une évolution salariale afin donner une cohérence d’ensemble aux rémunérations.

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