BlackRock veut croire en sa bonne étoile à la Bourse de Londres

le 31/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gestionnaire d’actifs américain souhaite lever 500 millions de dollars par le biais de la cotation d’un fonds de fonds alternatif

Faisant fi des turbulences secouant actuellement les marchés financiers, BlackRock entend réussir sa traversée de l’Atlantique. Le gestionnaire américain a confirmé et précisé vendredi son projet de cotation d’un fonds de fonds alternatif à Londres.

BlackRock souhaite lever quelque 500 millions de dollars par le biais de l’introduction sur le marché principal du London Stock Exchange d’un nouveau fonds, BlackRock Absolute Return Strategies (Bars). Trois classes d’actions seront proposées aux investisseurs, libellées en euros, en dollars et en livres, pour une admission à la cote attendue le 29 avril. Début mars, BlackRock, détenu à 49 % par Merrill Lynch après l’apport par cette dernière en 2006 de son activité de gestion d’actifs, avait émis l’hypothèse de cette opération au cours du premier semestre, conditionnant sa réalisation aux « conditions de marché ».

Le plus important gestionnaire coté outre-Atlantique, justifiant de 1.300 milliards de dollars d’actifs gérés au 31 décembre dernier, souhaite ainsi offrir aux investisseurs un accès à une stratégie de gestion d’ores et déjà rodée aux Etats-Unis et couvrant 11 milliards de dollars. Le fonds Bars, déclinant un objectif de rendement absolu sur la base de techniques « market neutral », vise une surperformance annuelle de 6 % face au taux Libor à trois mois, associée à une volatilité maîtrisée.

L’opération sera réservée aux « intermédiaires professionnels et investisseurs expérimentés ». BlackRock a tenu à mettre en avant la stabilité de l’équipe de gestion, sa performance de gestion, ainsi que les relations de confiance de longue date établies avec les consultants, clé d’une sélection gagnante des fonds.

Jeudi dernier pourtant, les analystes de Credit Suisse ont abaissé la recommandation sur le titre BlackRock, de « neutre » à « sous-performance », en raison d’un « certain nombre de risques pesant sur la valeur au cours des douze prochains mois ». La banque cite notamment des révisions à la baisse possibles sur les résultats, du fait de la prépondérance en 2007, au sein d’excellents résultats, des commissions de gestion sur performance, variables par nature. Reconnaissant la capacité du gestionnaire à gérer des situations de marché délicates, Credit Suisse estime toutefois que le cours de Bourse reflète pleinement les éventuels prochains succès en termes de gains de mandats de gestion.

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