Bear Stearns se démène pour retrouver seul le chemin de la croissance rentable

le 11/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'établissement américain explore, semble-t-il, des pistes de développement, notamment dans la gestion d’actifs, pour compenser le marasme dans l’obligataire

« Etre racheté ne constitue pas une stratégie ». C’est ce qu’a tenu à avancer Alan Schwartz mardi dernier, le jour même de sa désignation en tant que directeur général de Bear Stearns. Contraint au départ pour insuffler un nouvel élan à la banque d’investissement américaine, son emblématique prédécesseur James Cayne, en poste depuis 1993, n’avait pas trouvé d’issue à la crise de confiance frappant l’établissement, qui s’apprêterait à fermer un troisième fonds investis en titrisations, l’Asset Backed Securities Fund.

Alan Schwartz s’est engagé immédiatement à redorer le blason de Bear Stearns en promettant le retour d’une forte rentabilité. Pour l’heure, sur le périmètre d’activité pris en main cette semaine par Alan Schwartz, ce dernier s’est estimé « confiant ». Minimisant la probabilité de prochaines dépréciations d’actifs significatives, sur la base d’une valorisation aujourd’hui « conservatrice ».

Pour sortir de l’ornière toutefois, si possible en demeurant indépendant comme semble vouloir le confirmer le nouveau dirigeant de la banque dans le sillage des vœux exprimés par James Cayne, les idées ne manquent pas. Selon le Financial Times notamment, Bear Stearns a ainsi récemment, au cours des dernières semaines, tenu des discussions préliminaires avec le gestionnaire alternatif coté Fortress Investments en vue d’un rapprochement. Des discussions interrompues selon le quotidien pour des raisons de complications fiscales et de prix, chacun jugeant excessive la sanction infligée en Bourse.

Selon Reuters, Bear Stearns serait paré à acquérir une participation proche de 10 % au capital du plus important gestionnaire d’actifs chinois, China Asset Management, propriété de CITIC Securities. La banque américaine a conclu en octobre dernier un accord avec ce dernier, principal courtier local, pour un échange de participations portant sur un milliard de dollars pour chaque partie.

La pression est grande pour trouver un partenaire susceptible de faire passer au second plan les lourdes pertes enregistrées dans l’activité obligataire, où l’horizon ne semble guère engageant. Pour assurer sa pérennité de façon indépendante, nombre d’observateurs avancent que Bear Stearns doit opérer une réelle diversification de son champ d’action. Quoi qu’il en soit, le spectre de futures nouvelles dépréciations de grande ampleur pourrait suffire à éloigner nombre de prétendants au rachat.

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