Les banques sont encore prêtes à financer de grosses transactions

le 08/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

BHP Billiton s'est assuré un financement de 55 milliards de dollars pour l'OPE de l'année sur Rio Tinto

De nombreux professionnels répètent depuis plusieurs mois que la crise du crédit a donné un coup d’arrêt aux rachats par effet de levier supérieurs au milliard d’euros. Mais dans l’univers des fusions et acquisitions classiques d’origine industrielle, les banques restent encore prêtes à ouvrir largement leurs bilans. En témoigne l’offre formelle de rachat que le premier groupe mondial minier BHP Billiton a annoncée cette semaine sur son concurrent Rio Tinto. Une opération à 147 milliards de dollars qui écrase le classement hebdomadaire réalisé pour L'Agefi par Mergermarket.

Le géant minier s’est en effet assuré un financement bancaire de 55 milliards de dollars (38 milliards d’euros). Une manne destinée non pas à payer l’offre, réalisée uniquement par échange de titres, mais à refinancer la dette de la cible ainsi que les 30 milliards de dollars de rachats d’actions que BHP a promis au marché dans les douze mois suivant l’OPE. De mémoire de banquier, ce prêt constitue un record, dépassant les 35 milliards accordés à l’électricien italien Enel pour le rachat de l’espagnol Endesa en avril 2007.

Deux des établissements aux bilans les plus malmenés par la crise du subprime, Citigroup et UBS, figurent même au rang des banques mandatées pour arranger l’opération. Ils y côtoient Barclays Capital, BNP Paribas, Goldman Sachs, HSBC et Santander. Sur ces sept établissements, cinq pourront, il est vrai, se rémunérer aussi en tant que banquiers conseils de ce qui s’annonce comme l’une des plus grosses transactions de l’histoire (Santander et BarCap ne sont pas présents dans le conseil en F&A).

Si l’opération va à son terme, il restera encore à surveiller la syndication du prêt. Seuls les résultats de cette dernière permettront de mesurer l’appétit réel de l’ensemble des grandes banques à ouvrir leur carnet de chèque. Dans l’immédiat, une autre opération d’envergure, quoique plus modeste, devrait en fournir un aperçu en Europe : la syndication des 7,2 milliards d’euros de prêts accordés à Lafarge pour le rachat de cimentier égyptien Orsacom Cement. La transaction doit être bouclée aujourd’hui. De sources de marché, une dizaine de banques ont déjà donné leur accord pour y participer en tant que mandated lead arranger, moyennant un ticket unitaire de 500 millions d’euros.

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