La Banque du Japon tutoie à son tour une politique monétaire à taux zéro

le 19/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La BoJ a ramené ce vendredi matin de 0,30 à 0,10 % son taux directeur, le ministre des finances évoquant une « passe très difficile »

La Banque du Japon (BoJ) a répondu aux attentes en abaissant ce matin le loyer-cible de l’argent au jour le jour au sein de l’Archipel de 0,30 à 0,10 %. Un seul des huit membres du Conseil des gouverneurs a plaidé pour le statu quo.

Il est vrai que les prévisions économiques annuelles présentées ce vendredi par le gouvernement japonais ne sont pas de nature à susciter l’euphorie. L'économie japonaise devrait ainsi connaître une croissance nulle au cours du prochain exercice fiscal, à savoir à compter du 1er avril 2009. Cela même en tenant compte de la série de mesures de relance annoncées cette année.

La prévision du gouvernement semble pourtant rassurante en comparaison de celles des économistes du secteur privé. Ces derniers s’attendent en effet à ce que la déprime économique internationale porte un coup à l'économie japonaise, très dépendante des exportations.

«Pendant l'année fiscale 2009/2010, la situation, que ce soit pour la demande intérieure et la demande extérieure, demeurera difficile, dans la mesure où le ralentissement mondial se poursuivra», indique de fait le gouvernement dans ses prévisions, avant d’ajouter que l’on peut «s'attendre à ce que l'économie fasse abstraction de ce climat de marasme au second semestre de l'année fiscale, grâce à une reprise de la demande privée, qui viendra s'ajouter aux effets positifs des mesures économiques».

Tokyo avertit cependant que la reprise de la deuxième économie au monde pourrait connaître un certain retard si les conditions économiques et financières internationales continuent de se dégrader. Pour ce qui est de l'année fiscale en cours, le gouvernement s'attend à une contraction de 0,8% en termes réels. Le ministre des Finances Shoichi Nakagawa a estimé vendredi à l’issue du Conseil des ministres que «si l'on considère l'état de l'emploi et la situation financière des entreprises, l'économie, au sens large, se trouve dans une passe très difficile».

De quoi susciter l’inventivité des autorités nippones en termes de plan de relance économique. Le gouvernement a avancé aujourd’hui qu’il pourrait acquérir jusqu’à 20.000 milliards de yens, l’équivalent de 156 milliards d’euros, de titres existants de valeurs bancaires afin de soutenir les cours boursiers. Le plan de rachat de titres reste soumis à l’approbation du Parlement. Cette initiative fait partie d’un plan général s’élevant à 75.000 milliards de yens.

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