Accueil circonspect à l’offensive de Microsoft sur Yahoo

le 04/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Tous ne sont pas convaincus qu’elle apporterait une réponse appropriée aux carences de Microsoft sur Internet. Quant au titre Google, il a également enregistré un repli très marqué, de 8,58% à 515,90 dollars, reflétant une certaine déception consécutive aux résultats publiés la veille, mais aussi la menace potentielle d’une alliance Microsoft - Yahoo.

C’est pourquoi en attendant la réponse officielle de Yahoo, qui a promis de réagir «promptement», Google n’est pas resté inerte. Dans une courte déclaration, le groupe estime que l’offre de Microsoft «soulève des questions troublantes» pour les utilisateurs de l’internet. «Il s’agit de bien plus qu’une simple transaction financière. Il s’agit aussi de sauver les principes qui sous-tendent l’internet: l’ouverture et l’innovation.» Selon le Wall Street Journal, le P-DG de Google, Eric Schmidt, a dès vendredi contacté son homologue de Yahoo, Jerry Yang, pour lui offrir son aide afin de résister à l’offre de Microsoft. Une OPA rivale pourrait également émerger.

Un constat fait l’unanimité: Microsoft ne peut laisser sans réagir Google poursuivre sur une lancée qui lui vaut depuis 2004 une croissance nettement plus rapide que le numéro un mondial du logiciel. Google domine largement le marché mondial de la publicité sur internet, évalué aujourd’hui à environ 40 milliards de dollars, et appelé à doubler d’ici trois ans (Google a réalisé 16,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2007, Microsoft 51,1 milliards pour l’exercice clos le 30 juin dernier). Aux Etats-Unis, les recherches sur Internet devrait représenter cette année 37% de la publicité en ligne, d’un total attendu à 27,5 milliards de dollars, selon EMarketer. Google détient 56% de ce marché, contre 18% à Yahoo et 13% à Microsoft. Google a également mis au point des outils qui permettent d’aller chercher les internautes sur de multiples sites de socialisation ou des blogs.

«Quand vous combinez les forces de nos deux entreprises, le résultat est une offre incroyablement efficace et concurrentielles pour les consommateurs, les annonceurs et les éditeurs,» a expliqué Steve Ballmer, qui évalue en outre à un milliard de dollars par an les synergies susceptibles d’être générées par une acquisition de Yahoo. Il reste à convaincre les actionnaires de Yahoo, mais également ceux des investisseurs institutionnels porteurs de titres Microsoft qui ne sont pas convaincus du bienfondé de payer aux prix fort un groupe en perte de vitesse (Yahoo vient d’annoncer un résultat en baisse de 23%) et qui n’a pas su davantage élaborer une stratégie à même de freiner la marche en avant de Google.

A lire aussi