«Seul un Grexit pourrait générer une dépréciation significative de l'euro»

le 13/07/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Olivier Raingeard, chef économiste et responsable de la stratégie d'investissement de la Banque Neuflize OBC

- L'Agefi : Quel est l’impact de la crise grecque sur l’euro/dollar ?

- Olivier Raingeard : La crise grecque n’a que peu d’impact sur l’évolution de l’euro. Seule la mise en place d’un scénario de «Grexit» serait susceptible de générer une dépréciation significative de l’euro, en raison des flux vendeurs d’actifs européens par les investisseurs internationaux. Plus fondamentalement, l’évolution de l’euro-dollar reste dominée par le différentiel de politique monétaire entre les institutions monétaires européenne et américaine. A court terme, celui-ci est bien intégré par les marchés. L’évolution du dollar au cours des prochains trimestres dépendra davantage de la politique monétaire américaine. Les investisseurs anticipent désormais une à deux hausses de taux d’ici à la fin de l’année, puis un resserrement très graduel. Notre scénario est celui d’une économie américaine qui surprend de nouveau positivement au cours des prochains mois, incitant les investisseurs à anticiper un durcissement monétaire un peu plus sensible, ce qui s’avèrerait in fine favorable au dollar.

- Qu’est-ce qui vous fait parier sur une parité euro/livre à 0,69 à 6 mois ?

- Nous anticipons une légère appréciation de la livre d’ici à la fin de l’année, principalement alimentée par le durcissement de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre. A moyen terme, la perspective d’un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union Européenne pourrait remettre en cause cette dynamique.

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