Le régulateur britannique veut des indices de référence mieux encadrés

le 30/07/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Financial Conduct Authority estime que banques et brokers n'ont pas fait assez d'efforts, notamment pour gérer les conflits d’intérêts.

Le régulateur britannique estime que les banques et les brokers n’ont pas tiré toutes les leçons des affaires de manipulation des indices de référence tels que le Libor. Dans un rapport publié hier, la Financial Conduct Authority (FCA) considère que ces acteurs n’ont pas renforcé assez leur gouvernance pour gérer au mieux les indices.

«Il est essentiel que les sociétés agissent pour restaurer la confiance dans le système», a déclaré dans un communiqué Tracey McDermott, directrice de la supervision de la FCA. La réputation des indices de référence a été endommagée par les affaires de manipulation des indices interbancaires, de change et de matières premières qui se sont succédé depuis 2012 et qui ont été l’occasion pour les régulateurs d’imposer de lourdes amendes.

Si la régulation britannique encadre désormais les administrateurs et les contributeurs de huit indices de référence (y compris, les fixings de l’or et de l’argent), la FCA est soucieuse de la façon dont les institutions financières se comportent vis-à-vis de l’ensemble des indices. A l’issue de son enquête menée entre août 2014 et juin dernier auprès d’un échantillon de douze banques et brokers et sur l’ensemble des indices (à l’exception du Libor et du fixing WM/Reuters sur lesquels elle juge avoir déjà beaucoup travaillé) la FCA estime que des mesures ont été prises mais que «toutes les sociétés ont encore du travail à faire».

«Il est décevant de voir que la plupart des sociétés n’ont pas déjà pris toutes les mesures appropriées pour identifier et donc gérer avec justesse et efficacité les conflits d’intérêts», écrit la FCA. «Certaines sociétés sont toujours incapables d’identifier tous les indices qu’elles administrent, publient et pour lesquels elles soumettent des données», poursuit l’autorité. Elle déplore notamment que les institutions interprètent de façon trop étroite la définition des indices établie par l’organisation des régulateurs de marchés, Iosco, dans des principes publiés en 2013, et négligent ainsi de mieux encadrer les indices développés en interne.

La FCA a envoyé des recommandations à chaque institution et assure qu’elle s’assurera de leur mise en œuvre. La régulation britannique pourrait encore évoluer alors que les Européens sont toujours en train de discuter un règlement sur les indices de référence et que la FCA a publié une consultation en juin dernier sur l’accès non-discriminatoire aux indices de référence et aux licences.

A lire aussi