Pékin élargit son programme de nettoyage de la dette des collectivités

le 02/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les premières émissions d'obligations étant sorties, Pékin envisage de doubler le programme d'échange de dette locale à 1.000 milliards de yuans.

Pékin renforce les mesures de deleveraging de son économie. Les autorités chinoises envisagent déjà de doubler la taille du programme d’échange de dette des collectivités contre des obligations pour la porter à 1.000 milliards de yuans, si l’on en croit Bloomberg. Un élargissement qui traduit leur confiance dans le fait que le programme actuel limité à 500 milliards donne satisfaction et que les projets de construction d'infrastructures en cours ne devraient pas être repoussés.

«Même si ce montant paraît toujours restreint comparé à la taille de la dette locale (16.000 milliards de yuans selon les estimations du gouvernement central), il est néanmoins relativement important comparé à la taille actuelle du marché des obligations locales (juste au-dessus des 1.100 milliards de yuans à fin mars)», estime SG CIB.

Les collectivités ont réalisé leurs premières émissions dans le cadre du programme. La province de Jiangsu a été la première à émettre 52,2 milliards de yuans à 3, 5, 7 et 10 ans mi-mai en concédant des rendements allant de 2,94% à 3,41%, légèrement supérieurs à ceux des rendements d’Etat, de 2,77% à 3,39%. Au total, 134,1 milliards ont été émis ces deux dernières semaines par cinq collectivités, alors que 91,3 milliards supplémentaires devraient être adjugés cette semaine. Le rendement des obligations du véhicule de financement des collectivités (LGFV) Zhejiang Energy Provincial Group de maturité 2018 a chuté de 82 pb depuis fin mars à 4,07%, contre un recul du rendement d’Etat à 3 ans de 40 pb à 2,90%. Les émissions des LGFV ont chuté de 55% cette année à 528 milliards de yuans, selon Bloomberg.

«Le coût d’emprunt sur la dette des collectivités se situe autour de 7%, alors que le rendement moyen offert par les obligations locales ne dépasse pas 4%. Demander aux prêteurs d’échanger leurs prêts bancaires ou obligations d’entreprises pour des rendements plus faibles et des durations plus longues sur des obligations locales est de facto une restructuration de dette. Sans l’aide du gouvernement central, il sera difficile de mener à bien le programme d’échange de dette», estime SG CIB. 

La China Central Depository & Clearing (CCDC) a même récemment exhorté les autorités à ouvrir le marché des «muni bonds» aux investisseurs étrangers et particuliers afin d’augmenter la demande et la liquidité, restreinte par le fait que les banques achètent 90% des obligations émises.

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