Les outils de normalisation de la Fed sont toujours en phase de test

le 13/07/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si Janet Yellen a confirmé une probable première hausse des taux d'ici à la fin de l'année, le marché monétaire reste vulnérable à un choc externe.

Les obstacles se multiplient pour la Fed. Janet Yellen a une nouvelle fois estimé vendredi soir que le début du resserrement monétaire devrait intervenir avant la fin de l’année tout en étant très progressif, alors que les minutes de la dernière réunion du FOMC de la Fed avait déjà mentionné pour la première fois depuis 2007 une hausse des taux Fed Funds. Dans le même temps, le président de la Fed de Boston, Eric Rosengren, s’est inquiété vendredi de la situation de crise en Grèce et en Chine qui pourrait néanmoins en retarder le processus, faisant ainsi écho à une prudence déjà affichée par un grand nombre d'autres membres du FOMC.

L'une des raisons expliquant la prudence de l'autorité réside dans le fait que les outils de normalisation, toujours en phase de test, ne semblent pas encore suffisamment affûtés en cas de choc. En dehors des fins de trimestre, l’utilisation moyenne par jour du programme reverse repo (RRP) a été relativement stable depuis début 2014 à environ 120 milliards de dollars, pour un plafond de 300 milliards. «L’offre d’actifs sûrs du gouvernement fédéral est déjà faible et devrait même encore baisser, alors que les banques et opérateurs continuent de réduire leurs bilans en repo avec le montant de collatéral qu’ils mettent sur le marché. Nous estimons ainsi qu’il existe déjà un différentiel de 100 milliards de dollars entre l’offre et la demande de repo, qui n’est que partiellement comblé par le RRP, sans lequel le déséquilibre serait de 500 milliards, soit 12% du marché», estime Barclays.

La part des T-Bills dans les obligations d’Etat américaines en circulation a chuté à 11%, après avoir atteint un niveau record de 34% fin 2008. Le rendement des T-Bills à 4 semaines est entré en territoire négatif depuis mi-mai et le taux repo au jour le jour s’est tendu à 0,2%, après avoir atteint un plus haut depuis novembre 2008 de 0,58% fin mars, avec une hausse de la volatilité. Une tendance qui pourrait être accentuée en cas de choc externe tel que l’aggravation de la crise de la dette grecque ou un krach sur le marché des actions en Chine. «Un fort mouvement de retour vers la qualité augmenterait encore davantage la demande du programme RRP au-delà de son plafond, ce qui provoque un taux de compensation inférieur au taux officiel mais également un transfert de l’excès de demande vers les T-Bills et les transactions de repo avec une forte baisse de leurs taux», alerte ainsi Barclays.

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