L'or perd de son lustre auprès des investisseurs

le 28/07/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les positions nettes deviennent vendeuses pour la première fois depuis 2006. Les avoirs des ETF ne cessent de décroître.

L'or perd de son lustre auprès des investisseurs

Pris dans la correction générale des prix des matières premières (-4,4% la semaine dernière), l’or est victime de dégagements massifs de la part des investisseurs financiers. Les positions nettes de contrats sur le métal jaune sont devenues vendeuses pour la première fois depuis 2006 et leur publication par la Commodity Futures Trading Commission, selon les statistiques hebdomadaires arrêtées à la date du 21 juillet.

Les stratégistes de JPMorgan relèvent aussi que la «skew» des options sur l’or est très négative, c’est-à-dire que les investisseurs sont beaucoup plus demandeurs d’options de vente (puts) que d’achat (calls), afin de se protéger contre une baisse des prix.

Les fonds spécialisés sur l’or ont dans le même temps connu leurs retraits les plus élevés depuis 4 mois, à 1,1 milliard de dollars, relève Bank of America, en s’appuyant sur les statistiques d’EPFR. Les produits indiciels cotés (ETF), dont l’essor a permis d’absorber la production d’or dans les années 2000 et de pousser l’once à 1.900 dollars mi-2011, détiennent désormais moins de 50 millions d’onces, contre 84,6 millions fin 2012.

Hier, le métal jaune a encore reculé, à 1.096,50 dollars, après avoir cédé 3,1% la semaine dernière. De nombreuses banques revoient aujourd’hui leurs perspectives en baisse. «L’or a perdu de son attrait à la fois comme devise et comme matière première», constatent les analystes de Macquarie. «Les prix devraient retomber à 750 dollars l’once pour revenir à leur moyenne historique de long terme en termes réels», calcule Michael Lewis, chez Deutsche Bank.

L’or, dont les prix ont tendance à baisser quand les taux d’intérêt réels américains et le dollar montent, pâtit des attentes de resserrement monétaire aux Etats-Unis. La crise grecque et la déroute des Bourses chinoises, en juin et début juillet, n’ont pas entraîné de flux vers cette traditionnelle valeur refuge. Les banques centrales, et notamment la Chine, ne donnent pas de signes de vouloir accroître leurs achats. Et si l’ampleur des positions shorts peut laisser espérer des rachats à court terme, un autre risque de flux vendeur existe du côté des ETF, souligne Barclays.

Certains fonds indiciels pourraient devoir liquider des positions devenues perdantes sous le seuil des 1.000 dollars l’once, selon la banque.

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