La Fed ménage ses options pour la première hausse des taux cette année

le 30/07/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Comité de politique monétaire souhaite voir des progrès supplémentaires sur le marché du travail, alors que l'inflation nourrit toujours des craintes.

La prochaine réunion de la Fed aura lieu les 16 et 17 septembre. Photo Bloomberg.

Avec des marchés du travail et de l'immobilier qui montrent des signes d'amélioration, le scénario d'une première hausse des taux en septembre reste sur la table. Dans un communiqué publié mercredi soir à l'issue d'une réunion de deux jours, le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed souligne les «créations d'emplois soutenues» au cours des derniers mois. Le taux de chômage est tombé à 5,3% en juin, alors qu'il se tenait à 10% en 2009. Le FOMC indique se tenir prêt à enclencher le resserrement monétaire lorsque «quelques progrès supplémentaires» auront été observés sur le marché du travail.

Si cette partie de son mandat semble en passe d'être remplie, la Fed alerte toutefois sur le niveau d'inflation jugé bas. Le FOMC n'interviendra que lorsqu'il sera «raisonnablement confiant» quant au fait que le taux d'inflation remontera à 2%, ce qui correspond à l'objectif de la banque centrale américaine. Cette évolution pourrait pousser certains de ses responsables à décaler le premier relèvement des Fed funds en près d'une décennie. Il reste encore à la banque centrale trois réunions pour passer à l'action cette année. Le prochain rendez-vous est fixé aux 16 et 17 septembre.

Les responsables du FOMC «ont légèrement abaissé le seuil pour une hausse des taux en ajoutant l'adjectif "quelques" aux conditions requises pour une amélioration supplémentaire sur le marché du travail», note Shyam Rajam, responsable de la recherche sur les taux américains chez Bank of America Merrill Lynch. Un consensus Bloomberg évaluait récemment à 50% la possibilité d'un premier relèvement en septembre. En tout état de cause, les responsables de la politique monétaire baseront leur décision sur les statistiques. Ils pourront dès ce jeudi étudier la première estimation de la croissance du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre.

Cette croissance est attendue à 2,5% en rythme annualisé, ce qui confirmerait l'analyse de Janet Yellen, la présidente de la Fed, selon laquelle la contraction observée au premier trimestre (-0,2%) était essentiellement le fait de conditions transitoires (météo hivernale rigoureuse, grèves sur les ports de la côte Ouest...).

Alors que les risques pesant sur la conjoncture américaine sont «quasiment équilibrés», le FOMC devra par ailleurs garder un œil sur le ralentissement économique chinois dont les conséquences sont déjà visibles.

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