La Fed joue la montre sur la hausse des taux

le 20/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La faible inflation pourrait conduire l'institution à différer son resserrement monétaire

La présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen. Photo DR.

L’incertitude persiste encore sur le calendrier de la hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, montrent les minutes de la dernière réunion de son comité de politique monétaire (FOMC), qui s’est tenue les 28 et 29 juillet. Si la croissance de l’activité et de l’emploi aux Etats-Unis milite pour un relèvement des taux dès le mois prochain, son objectif d’une inflation proche de 2% semble encore loin d’être atteint avec le plongeon du cours des matières premières et la remontée du dollar.

Cela fait maintenant 23 semaines d'affilée que les inscriptions hebdomadaires au chômage sont sous la barre des 300.000, ce qui traduit une nette amélioration du marché du travail. En juillet, le taux de chômage est demeuré à un plus bas de sept ans, à 5,3%, conformément aux prévisions des économistes. Ce taux est proche de celui de 5-5,2% que la plupart des responsables de la Fed estiment satisfaisant.

Un membre du comité de politique monétaire était prêt à voter en faveur d'une hausse des taux lors de la réunion du mois dernier tandis que d'autres ont considéré «que les conditions économiques justifiant une remontée des taux d'intérêt sont réunies ou le seront bientôt», indique le compte-rendu de la réunion. Le comité a jugé qu’il ne lui fallait plus constater que «quelques» améliorations supplémentaires sur le marché du travail pour relever ses taux.

Les prochaines statistiques liées au marché du travail seront donc suivies avec encore plus d'attention que d'habitude par les investisseurs, notamment les chiffres de l’emploi pour août attendus le 4 septembre. Quant à la croissance de l’activité, la deuxième estimation du produit intérieur brut (PIB) pour le deuxième trimestre sera annoncée le 27 août. De nombreux économistes tablent sur une forte révision à la hausse par rapport à la première estimation, ressortie à 2,3% en rythme annualisé.

Le ton est en revanche bien différent concernant la hausse des prix. «La plupart des membres (...) souhaiteraient avoir davantage de preuves que la croissance économique est suffisamment forte et que les conditions sur le marché du travail se sont améliorées au point qu'ils puissent raisonnablement avoir confiance en un retour de l'inflation vers l'objectif à moyen terme du comité», peut-on lire dans le compte-rendu.

Le département du Travail a annoncé hier que son indice des prix à la consommation (CPI) avait augmenté de 0,1% le mois dernier, après une hausse de 0,3% en juin. Sur un an, l’indice affiche une hausse de 0,2% en juillet. Le consensus des économistes tablait sur une progression de 0,2% en rythme séquentiel et annuel. Depuis fin juillet, «les attentes sur l’inflation ont diminué, le dollar a poursuivi son appréciation et la Chine a dévalué sa devise. Cela joue contre une hausse des taux de la Fed», commente Anthony Valeri, stratégiste au sein de LPL Financial Corp.

Après avoir un temps effacé ses pertes après la publication de ces minutes, l’indice S&P 500 a finalement terminé en repli de 0,82%. Les rendements de l’emprunt d’Etat américain à 10 ans ont été ramenés à 2,11%, contre 2,19% la veille à New York. Alors que la prochaine réunion du FOMC aura lieu le 16 septembre, les traders chiffrent désormais à 36% la probabilité d’un resserrement monétaire à cette occasion, contre un niveau de 50% avant la publication du compte-rendu.

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