Les économistes guettent les signes de la Fed en faveur d'une hausse de taux

le 29/07/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les observateurs sont divisés sur le fait que la banque centrale pourrait donner aujourd'hui des indications sur le calendrier de hausse des taux.

L’issue de la réunion de la Fed aujourd’hui est surveillée de près par les économistes, qui sont divisés sur le fait que les banquiers centraux pourraient donner des indications sur la hausse des taux.

Le niveau des futures des Fed funds suggère une probabilité d'environ 50% d’une hausse des taux américains au mois de septembre. Alors que ceux-ci sont fixés entre 0 et 0,25% depuis décembre 2008, les attentes de resserrement monétaire ont été confortées par les récents propos de la présidente de la Fed, Janet Yellen. Lors d’une audition devant le Congrès à la mi-juillet, celle-ci a estimé que si l’économie évoluait dans le sens attendu par les banquiers centraux du FOMC, la normalisation de la politique monétaire devrait débuter cette année.

La Fed ne reverra pas aujourd'hui ses prévisions économiques et ne tiendra pas de conférence de presse. Si elle compte entamer le relèvement des taux en septembre, «les banquiers centraux devraient sans doute éviter de surprendre les marchés à l’occasion de la première hausse des taux depuis neuf ans», écrit l’économiste de Citi, Dana Saporta. Et de faire allusion à l’agitation provoquée sur les marchés au printemps 2013 par les déclarations de Ben Bernanke sur la réduction des achats d’actifs dans le cadre de l’assouplissement quantitatif («taper tantrum»). «Si la Fed ne modifie pas la façon dont elle guide les anticipations [forward guidance], la probabilité [d’un relèvement des taux en septembre] devrait chuter rapidement et drastiquement», estime Dana Saporta.

«Nous ne devons certainement pas attendre d’indice sur une hausse des taux à la réunion de septembre», estime au contraire l’économiste d’ING, Rob Carnell. A ses yeux, la Fed ne prendra pas le risque d’avoir à s’expliquer si les données économiques s’avèrent décevantes le mois prochain. Par ailleurs, «il y a encore des incertitudes autour de la Grèce et de la Chine», selon lui.

Les économistes de Natixis, qui s’attendent à une hausse des taux en septembre, n’attendent pas non plus que la Fed prévienne demain du futur relèvement. «Les minutes du mois d’avril suggèrent (…) que la Fed ne devrait pas manifester son intention de relever les taux une réunion à l’avance (comme elle l’avait fait en 2004)», écrivent-ils. «La plus grande surprise du marché pourrait bien être l’absence de changement dans la déclaration de la Fed», assurent les économistes de BNP Paribas CIB qui tablent sur un resserrement en décembre.

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