La croissance britannique s'est accélérée depuis le début de l'année

le 29/07/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le PIB a augmenté de 0,7% au deuxième trimestre. De quoi conforter les perspectives d'une hausse des taux à la fin d'année ou au début de 2016.

La croissance britannique s’est renforcée au deuxième trimestre alors que l'activité économique avait tourné au ralenti au début de l’année. Le PIB britannique a crû de 0,7% entre les mois d’avril et juin, conformément aux attentes, alors qu’il avait seulement augmenté de 0,4% au début de l’année, selon les premières estimations du bureau national des statistiques britannique, publiées hier.

Sur un an, le PIB a progressé de 2,6% au deuxième trimestre. Il s’est révélé être de 5,2% supérieur à ce qu’il était avant le retournement économique au premier trimestre de l’année 2008 tandis que le PIB par habitant est revenu autour des niveaux de cette époque. Le rebond de la croissance s’explique notamment par le dynamisme du secteur des services, dont l’activité a augmenté de 0,7% et a contribué à hauteur de 0,5 point de pourcentage à la croissance du deuxième trimestre.

Si l’activité dans le secteur de la production a augmenté de 1% au deuxième trimestre, l’activité du secteur manufacturier a reculé de 0,3% dans un contexte de renforcement de la livre.

«Le montant des capacités inutilisées dans l’économie britannique est en train de se réduire», estime James Knightley, économiste chez ING. «Nous pensons que deux membres du MPC [comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre] pourraient bien voter en faveur d’une hausse des taux au mois d’août même s’il pourrait ne pas y avoir de masse critique suffisante [en faveur de celle-ci] avant le mois de février de l’année prochaine», poursuit l’économiste. Le gouverneur de la BoE, Mark Carney, a indiqué à la mi-juillet que la question du début du resserrement monétaire se posera plus sérieusement au tournant de cette année. Même si les membres du MPC de la BoE ont voté à l’unanimité pour un maintien des taux à 0,5% lors de leur réunion de juillet, notamment au regard des incertitudes pesant sur l'avenir de la Grèce, les minutes montrent que plusieurs banquiers centraux envisagent désormais de voter pour une hausse des taux.

La composition du MPC changera en septembre avec l’arrivée de Gertjan Vlieghe, économiste senior du hedge fund Brevan Howard Asset Management, en remplacement de David Miles, perçu récemment comme un «faucon», défenseur du resserrement monétaire. Selon les économistes de Barclays, son successeur pourrait plutôt se positionner du côté des «colombes», prônant une politique plus accommodante, sans que cela modifie vraiment les équilibres au sein du MPC.

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