Les conditions de déclenchement des CDS grecs restent floues

le 17/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les agences de notation considèrent que le non-paiement des échéances dues par la Grèce au FMI et à la BCE ne constituerait pas un défaut.

Si l'impasse des négociations entre la Grèce et ses créanciers internationaux renforce la probabilité d’un défaut de paiement sur l’une de ses prochaines échéances, les investisseurs restent dans le flou quant à ses conséquences, notamment en termes d’activation éventuelle des credit default swaps (CDS).

Normalement, le fait de ne pas rembourser une ligne d’un montant supérieur à un million de dollars déclenche automatiquement le règlement des CDS. Mais alors que l’Etat grec doit rembourser 1,55 milliard d’euros au FMI le 30 juin et 452 millions le 13 juillet, les agences de notation ont indiqué que si ces échéances n’étaient pas honorées, cela ne constituerait pas à leurs yeux une situation de défaut. Ces échéances sont en effet issues d’un accord bilatéral volontaire entre le pays et des créanciers non privés. Les CDS ne seraient donc pas activés.

Théoriquement, les conséquences du non-paiement de l’Etat grec sur les 3,4 milliards d’euros dus à la BCE le 20 juillet sur les obligations dont elle a hérité dans le cadre du programme SMP ne seraient pas les mêmes, la Grèce étant sous la menace d’une suppression des liquidités d’urgence apportées par l’autorité aux banques du pays par l’intermédiaire de l’ELA. Pourtant, S&P est venu brouiller le message en indiquant que dans le cas où la Grèce ne devait pas rembourser la BCE, cela ne constituerait pas une situation de défaut selon ses critères dans la mesure où il s’agit là aussi d’une dette vis-à-vis du secteur public. En outre, CA CIB rappelle que ces titres ne sont pas notés, contrairement à ceux détenus par le secteur privé.

A la date du 5 juin, 611 contrats d'assurance contre le risque de défaut de la République grecque étaient traités, pour un montant notionnel brut de 1,67 milliard de dollars. Le montant net atteint 586 millions de dollars, selon les statistiques de la chambre de compensation DTCC.

S'agissant des établissements financiers, Mario Draghi a indiqué lundi qu’à ce stade «les grandes banques grecques sont solvables et les collatéraux qu'elles apportent sont adéquats». La probabilité moyenne de défaut à un an de trois d’entre elles a néanmoins grimpé de 13% à 19% la semaine dernière, alors que celle de Bank of Piraeus est de 25%, selon Moody’s Analytics. Le marché des CDS anticipe le scénario d’un défaut de la Grèce avec une probabilité de seulement 6,2% dans les douze prochains mois, mais de 41% à horizon 5 ans.

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