La Bourse chinoise joue à nouveau au yo-yo

le 28/07/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Place de Shanghai a connu lundi sa plus lourde baisse en huit ans. La fébrilité n'est pas retombée malgré le plan massif des autorités.

La Bourse chinoise recommence à se faire peur. L'indice de Shanghai a connu lundi sa plus lourde chute en une séance depuis février 2007, à -8,5 %. Un chiffre en dit long sur l'étendue de la correction : 75 des 76 valeurs cotées ont terminé la journée dans le rouge. Ce mini-krach intervient alors que l'indice semblait remis de ses violents décrochages récents. Grâce au soutien des autorités, le Shanghai Composite avait connu une forte hausse ces deux dernières semaines, à +15% depuis le 8 juillet, après une chute de 30% en un mois.

Mais plusieurs inquiétudes sont venues perturber cet élan. D'abord les chiffres de la production manufacturière en juillet publiés vendredi. L'indice PMI est au plus bas depuis avril 2014, sous l'effet d'une chute des commandes. Les réformes de l'Etat chinois suscitent également l'anxiété. Pékin a notamment décidé vendredi d'élargir la bande de fluctuation du yuan, au risque d'accélérer la volatilité. «Les investisseurs locaux ont peur que l'Etat ne retire son contrôle des marchés trop tôt. Ces effets d'annonce, à court terme, font paniquer les investisseurs individuels», estime David Gaud, gérant senior Asie pour Rothschild Asset Management à Hong Kong.

Signe de la volonté de réforme du gouvernement, les avancées économiques continuent malgré les violents soubresauts des marchés. Dernière décision en date, l'autorisation donnée par la banque centrale chinoise (PBOC) à certains gros investisseurs institutionnels étrangers d'intervenir sur l'Interbank (où sont traitées 90% des obligations chinoises) en s'enregistrant simplement auprès de l'institution. Jusqu'à présent, des quotas leur étaient imposés. «La libre et entière convertibilité du yuan est ouverte pour ces acteurs internationaux. C'est une vraie révolution», décrypte David Gaud.

Dans ce contexte, le «bazooka» mis en place par le régulateur boursier le 6 juillet pour stabiliser les marchés - création d'une structure financière qui pourrait mobiliser jusqu'à 446 milliards d'euros pour soutenir les valeurs et interdiction de vendre en dessous des 4.500 points - semble montrer ses limites. Mais David Gaud tempère : «Le gouvernement n'a pas pour objectif de recréer une bulle. Que l'indice reparte sur les 5.000 points n'est pas son but. Il veut plutôt stabiliser le marché à 3.500-4.000 points pour poursuivre la normalisation. En cela, cette journée n'est pas surprenante. C'est le rebond technique qui était excessif».

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