BlackRock investit le terrain des «robo-advisers»

le 27/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le géant américain rachète FutureAdvisor, une solution digitale de gestion automatisée, avec la clientèle «mass affluent» en ligne de mire.

Mastodonte de la gestion mondiale avec plus de 4.700 milliards de dollars d'actifs sous gestion, BlackRock investit dans la fintech. Le gérant new-yorkais a fait part mercredi du rachat, pour un montant non dévoilé, de FutureAdvisor. Ce «robo-adviser», basé à San Francisco et financé depuis 2010 à hauteur de 21,5 millions de dollars par la fine fleur de la Silicon Valley (Y Combinator, Canvas Venture Fund, Sequoia Capital...), fournit des services de gestion de portefeuille automatisée.

BlackRock n'entend pas cibler les ménages au travers de cet outil, qui rejoindra sa division BlackRock Solutions, mais plutôt permettre à ses partenaires (banques, assureurs, broker-dealers, plates-formes d'épargne retraite par capitalisation...) de viser une clientèle d'investisseurs «mass affluent», c'est-à-dire disposant d'avoirs inférieurs au million de dollars. Selon la firme, cette catégorie représente 30% des actifs totaux investissables aux Etats-Unis.

La société de gestion dénombre de multiples avantages pour ses partenaires, notamment la possibilité d'offrir un conseil en ligne à une clientèle plus jeune et de lui permettre de consolider en un seul lieu tous ses supports financiers (compte bancaire, compte-titres, plan 401 (k), etc.). Elle estime par ailleurs que ce service digital, qui recourt à des fonds indiciels, peut venir compléter et assister un conseil physique.

Conseiller en investissement agréé par la SEC, FutureAdvisor a noué des partenariats avec les dépositaires Fidelity Investments et TD Ameritrade, selon son site internet. Les frais de gestion annuels s'élèvent à 0,5% des actifs directement gérés. La start-up s'est dotée d'un comité d'investissement, où siège notamment Janice Eberly, ancienne chef économiste du Trésor et professeur à l'école de management Kellog.

En mai dernier, le PDG de BlackRock avait témoigné de son grand intérêt pour cet univers. «Tout le monde parle de la manière dont les robo-advisers ne peuvent pas se connecter aux clients. Je pense plutôt que ce type d'outils est comme un DAB. Nous allons tous avoir besoin d'en avoir un», avait-il déclaré lors d'une conférence à New York. Une filiale de Fidelity s'est aussi aventurée sur ce terrain en permettant, dès 2014, à 3.000 CGP partenaires de se connecter à la plate-forme Betterment.

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