La Suède pourrait augmenter le coussin contracyclique de ses banques

le 22/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Aujourd'hui fixé à 1%, il devrait être relevé dès juin dans un contexte de fort endettement des ménages et d'augmentation des prix de l'immobilier.

L’autorité de régulation des marchés suédoise a prévenu hier qu’elle pourrait relever le coussin de capital contracyclique qui doit s’appliquer aux banques à partir du mois de septembre prochain. Une mesure censée préserver la stabilité du système financier et de l’économie.

L’autorité de régulation a publié hier un message sur son site expliquant qu’elle pourrait décider de relever ce taux dès le mois de juin. Toute hausse des taux devrait entrer en vigueur un an après son annonce. Le coussin contracyclique est actuellement fixé à 1% des actifs pondérés du risque, soit à un niveau relativement modeste afin de ne pas endiguer la distribution de crédit en période de reprise économique. La décision d’imposer un coussin de capital contracyclique a été prise en septembre dernier par le régulateur. S’il convenait alors que la croissance du crédit n’apparaissait pas excessive en Suède, «dans le même temps, l’endettement des ménages reste élevé à la fois d’un point de vue historique mais aussi d’un point de vue international. La croissance du crédit qui s’est poursuivie pendant plusieurs années peut présenter des risques pour le système financier et l’économie réelle», écrivait-il.

A la mi-mars, le régulateur avait écarté l'idée d'épaissir le coussin de capital «Même si les taux de croissance des prêts aux entreprises et aux ménages sont quelque peu supérieurs à la croissance du PIB, ils restent à des niveaux raisonnables», jugeait-il en rappelant que de nouvelles exigences de remboursement des prêts pour les ménages les plus endettés deviendront obligatoires à partir du mois d’août prochain. Cette mesure s’ajoute à celles déjà annoncées, dont l’augmentation de la pondération du risque des prêts pour le calcul des exigences en capital. Cela n’a pas empêché les prix de l’immobilier d’augmenter de près de 14% au cours des douze derniers mois allant jusqu’à février.

Le coussin contracyclique peut être fixé entre 0 et 2,5%. L’augmentation «ne devrait pas être dramatique, mon pari est qu’ils vont relever le taux d’un demi-point de pourcentage», selon Nick Anderson, un analyste de Berenberg, cité par Reuters. «Les banques pourront facilement l’absorber».

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