Les responsables de la Fed se divisent sur l'amorce du resserrement monétaire

le 09/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si certains membres du FOMC penchent pour un premier resserrement en juin, d'autres préfèrent attendre la seconde partie de l'année, voire 2016.

Le calendrier de la hausse des taux divise les responsables de la politique monétaire américaine. Selon les minutes du dernier Comité de politique monétaire (FOMC) diffusées mercredi soir, «plusieurs participants ont estimé que les données économiques et les perspectives devraient justifier un début de normalisation lors de la réunion de juin».

Mais d'autres membres ont souligné que le déclin des prix de l'énergie et l'appréciation du dollar continueront de juguler l'inflation, suggérant qu'une hausse des taux devrait être reportée plus tard dans l'année. D'autres encore, moins nombreux, ont évoqué un resserrement seulement en 2016. 

Dans son communiqué de mars, le FOMC s'était dit «raisonnablement confiant» quant au fait que l'inflation remontera vers sa cible de 2%. Une confiance qui repose notamment sur «une amélioration supplémentaire du marché du travail, une stabilisation des prix de l'énergie et un équilibrage de la valeur du dollar sur le marché des changes». La Fed avait alors franchi une étape vers la première hausse de ses taux depuis 2006 en supprimant toute référence à une attitude «patiente». Mais depuis cette dernière réunion des 17 et 18 mars, les informations économiques reçues ont mis en évidence un certain ralentissement de l'économie américaine au premier trimestre. Seulement 129.000 créations d'emplois non agricoles ont été enregistrées le mois dernier, un mauvais chiffre qui a surpris les économistes. 

William Dudley, président de la Fed de New York et Jerome Powell, l'un des gouverneurs de la Fed, n'écartent pas pour autant l'idée d'une amorce de resserrement en juin, à condition que les statistiques aillent dans le sens de la reprise. «La barre est probablement un peu plus élevée» pour une hausse des taux en juin après les récents indicateurs, a concédé mercredi William Dudley. «Dans une perspective macroéconomique, le moment précis du premier relèvement est moins important que le rythme des relèvements suivants», a estimé pour sa part Jerome Powell.

Après avoir initialement effacé leurs gains après la publication des minutes, les indices boursiers américains ont repris le chemin de la hausse. Le Dow Jones a gagné 0,15%, tandis que le Nasdaq a pris 0,83%. Les emprunts d'Etat ont perdu du terrain et le dollar a progressé face à un panier de devises de référence.

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