Le fonds Elliott suscite le plus gros LBO de l'année aux Etats-Unis

le 08/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'activiste a poussé au rachat d'Informatica par Permira et CPPIB, après avoir déjà été à la manœuvre dans les dossiers Compuware ou Riverbed Technology.

Elliott fait la pluie et le beau temps dans le secteur informatique aux Etats-Unis. Deux mois et demi après avoir révélé une participation de 8% au sein d’Informatica, portée à 9,4% fin février, le fonds activiste a obtenu que la société américaine cède aux avances de Permira et du Canada Pension Plan Investment Board. Ceux-ci ont officialisé hier une offre à 5,3 milliards de dollars, hors dette, qui en fait le plus gros rachat à effet de levier (LBO) de l’année aux Etats-Unis. La société sera ensuite retirée de la cote.

Informatica, qui revendique plus de 5.000 entreprises clientes, fournit des outils d’intégration et d’analyse de données. Permira et le fonds de pension canadien offrent 48,75 dollars par action en cash. A 6,4%, la prime est réduite par rapport au cours de clôture de l’action lundi, soit 45,83 dollars. Mais avant qu’Elliott n’officialise son irruption au capital fin janvier, l’action Informatica se traînait sous les 38 dollars. La boutique Qatalyst Partners a épaulé la cible, tandis que BofA Merrill Lynch, Goldman Sach, Macquarie Capital et Union Square Advisors conseillaient les acquéreurs.

Fondé en 1977 par Paul Singer, Elliott Management s’est fait une spécialité d’agiter le secteur des valeurs technologiques, en prenant de grosses participations au capital de ses cibles. Il s’est illustré récemment dans les dossiers BMC Software, qui s'est fait racheter en 2013, et Compuware, repris par le fonds de private equity Thoma Bravo. En décembre 2014, au terme d’une bataille d’un an, il a aussi contraint Riverbed Technology à accepter l’offre d’achat de Thoma Bravo et d’un autre fonds de pension canadien, Teachers’ Private Capital – un tandem qui s'intéressait également à Informatica. Afin de pousser les dirigeants de Riverbed à ouvrir un processus d’enchères, Elliott avait pris 10% du capital et n’avait pas hésité à mettre sur la table sa propre offre d’achat début 2014.

L’essor du big data et la migration vers l’informatique en nuage (cloud computing) ouvrent de nombreuses possibilités de repositionnement stratégique dans le secteur. Les investisseurs activistes ou spécialisés en ont donc fait leur terrain de chasse. A l’image du fonds tech Praesidium, qui détenait 2,3% d’Informatica et a soutenu le récent retrait de cote du concurrent Tibco, repris par Vista Equity Partners.

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