La correction du marché de l'emploi américain accrédite la prudence de la Fed

le 07/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les faibles créations d'emplois au mois de mars semblent confirmer le net ralentissement de l'activité aux Etats-Unis au premier trimestre.

Le rapport très décevant sur l’emploi en mars confirme le trou d’air enregistré par l’économie américaine en début d’année. Le chiffre de seulement 129.000 créations d’emplois non agricoles le mois dernier n’avait été anticipé par aucun économiste du consensus, alors que s’ajoutent des révisions à la baisse cumulées de 69.000 emplois sur janvier et février. «Les prévisions de croissance aux Etats-Unis pour le premier trimestre ont été réduites sensiblement et l’on craint que le chiffre soit quasiment nul», indique même SG CIB. L’indice «GDPNow» de la Fed d’Atlanta prévoit en effet une croissance de 0,2% au premier trimestre.

«Ces chiffres augmentent clairement la probabilité de voir la Fed repousser sa première hausse des taux en fin d’année (septembre)», estime Natixis. Janet Yellen a même reconnu récemment que «si les conditions d’activité sous-jacentes étaient revenues à la normale, l’économie devrait être en plein boom». Seules quatre hausses des taux de 25 pb sont d'ailleurs attendues par le marché d’ici à fin 2016, soit trois de moins que les prévisions médianes du FOMC. Malgré les fortes créations d’emplois enregistrés au cours des mois précédents, le rendement des Treasuries est resté faible à 1,91% sur la partie 10 ans et 0,54% sur le 2 ans.

Le maintien du taux de chômage à un niveau de 5,5% mais surtout l’accélération plus forte que prévu des salaires à un rythme de 2,1% sur un an semblent pourtant indiquer que le ralentissement de l’activité pourrait n'être que temporaire. «Environ la moitié de l’écart des prévisions d’emplois par rapport au consensus résulte de mauvaises conditions météo», relativise ainsi BNP Paribas. En outre, la hausse du billet vert marque une pause, l’euro étant repassé vendredi au-dessus de 1,10 et l’indice DXY contre un panier de devises ayant chuté de 4% depuis son plus haut de mi-mars.

De quoi relâcher les tensions désinflationnistes. La réduction du déficit de la balance commerciale américaine au mois de février à 35,4 milliards de dollars, après 42,7 milliards en janvier, pourrait en outre entraîner une contribution moins négative que prévu du commerce extérieur à la croissance du premier trimestre, estime BNP Paribas. Dans ce contexte, SG CIB s’attend à rebond du PIB à un rythme de 4,8% au deuxième trimestre, après 1,5% au premier (3,3% sur 2015), «ce qui fera de la réunion du FOMC de juin un candidat sérieux pour une première hausse de taux».

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