L’économie française semble sortir progressivement de sa léthargie

le 03/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Insee table sur une accélération de la croissance française au premier semestre à un rythme de 1,1% sur un an, le plus élevé depuis fin 2011.

L’économie française semble sortir progressivement de sa léthargie

L’économie française semble enfin sortir de sa léthargie. Dans sa dernière note de conjoncture publiée hier, l’Insee anticipe ainsi une hausse du PIB en France de 0,4% au premier trimestre de l’année, puis de 0,3% au deuxième, après celle de 0,1% enregistrée fin 2014. Un niveau qui correspondrait à une hausse de l’activité de 1,1% fin juin sur un an, soit son rythme le plus élevé enregistré depuis fin 2011. A l’issue du premier semestre, l’acquis de croissance annuelle du PIB atteindrait déjà +0,8%, après trois années consécutives de croissance atone à 0,4%. L’Insee anticipe en revanche que l’inflation française resterait légèrement négative à -0,1%, avec une évolution des prix du pétrole qui resterait, à 55 dollars le baril, négative de -4,3% sur un an au mois de juin.

L’effet favorable de la baisse cumulée «inédite» des prix du pétrole et de l’euro sur l’économie française est estimé par l’Insee à 0,4 point de PIB supplémentaire sur les deux premiers trimestres de l’année. S&P prévoit certes que la France devrait enregistrer un nouveau déficit extérieur cette année stable à 2,4% du PIB. Pourtant, Citigroup estime qu’en France, où la croissance des exportations à l’extérieur de l’Union européenne est supérieure de 8% à celles intra-UE, «la plupart des effets favorables de la dépréciation de l’euro sur les exportations ne se sont pas encore matérialisés». Les entreprises françaises cotées seraient même les plus favorisées de la zone euro avec une hausse de leurs résultats de 9% pour une baisse du taux de change de 10%, selon SG CIB.

COE-Rexecode table lui aussi désormais sur une accélération de la croissance du PIB français à 1,2% cette année, contre 0,8% estimé précédemment, puis à 1,6% en 2016. Avec l’amélioration des perspectives au sein de la zone euro, les économistes ont sensiblement révisé leurs projections de croissance pour la France.

L’indicateur de surprise calculé par le Crédit Agricole est d’ailleurs à nouveau ressorti positif à 28% en mars, les données publiées ayant été plus nombreuses à être supérieures aux prévisions du consensus. Le maintien de l’indice de diffusion en territoire négatif à -15% en évolution et à -16% en valeur suggère que les chiffres d’activité se dégradent toujours et restent inférieurs à leur moyenne de long terme, et montre ainsi «la fragilité de la reprise», ajoute le Crédit Agricole.

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