La politique de la Banque du Japon a du mal à se transmettre à l'économie réelle

le 02/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La confiance des entreprises nipponnes reste stable malgré la chute du prix du pétrole, la dépréciation du yen et la hausse du marché actions.

Cela fait désormais deux ans que le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a pris ses fonctions en s’assignant comme objectif de faire revenir le taux d’inflation vers un niveau de 2%. Or, la dernière enquête Tankan fait état d’un niveau de confiance des grandes entreprises manufacturières nipponnes stable en mars à +12 et les perspectives d’activité pour juin restent orientées à la baisse à +10. Parallèlement, l’inflation sous-jacente est désormais nulle hors effets de TVA, et la BoJ n’anticipe plus qu’un niveau moyen de 1% sur l’année 2015-2016.

«Même avec la chute des prix du pétrole, la dépréciation du yen et le report de la deuxième hausse du taux de TVA, la confiance des entreprises n’a pas montré de forte reprise», estime Citigroup. La BoJ table désormais sur une croissance du PIB japonais de 2,1% sur l’année fiscale qui a débuté hier après une contraction de 0,5% l’année précédente, contre 1,8% anticipé par le consensus sur 2015-2016. Le risque d’une nouvelle révision à la baisse des anticipations de croissance et d’inflation par l’autorité japonaise à l’occasion de la publication de son prochain rapport semestriel de conjoncture est ainsi élevé. «Le deuxième volet du QE ayant été adopté pour faire remonter les anticipations, si l’engagement des autorités sur l’inflation venait à être remis en cause, entraînant une remontée du yen, alors la BoJ serait obligée d’assouplir davantage sa politique monétaire pour infléchir l’appréciation de la devise», estime BNP Paribas.

«Le levier des rachats d’obligations d’Etat (JGB) semble épuisé», indique néanmoins Barclays. Le montant de JGB détenu par la BoJ a ainsi doublé depuis mars 2013, l’autorité détenant déjà 25% du marché à fin décembre en mettant la main sur 95% des nouvelles émissions totales. Dans le même temps, le montant détenu par les agents privés s’est réduit de 9%.

En revanche, l’assouplissement de la BoJ a donné un deuxième souffle au marché actions qui avait calé l’année dernière. Les indices Nikkei 225 et Topix ont ainsi gagné 9,1% et 8,6% depuis le début de l’année, la meilleure performance en Asie après les indices chinois. «La BoJ devrait à nouveau assouplir sa politique monétaire les 14 et 15 juillet avec un renforcement de ses rachats d’ETF sur actions de manière à accroître la taille de son bilan à un rythme de 5.000 milliards de yens, contre 3.000 milliards actuellement», estime ainsi Barclays.

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