Le président de la BCE défend la faisabilité du QE

le 24/03/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Mario Draghi a assuré que l'Eurosystème ne devrait pas peiner à acheter, comme il l'a annoncé, 60 milliards d'euros de titres par mois.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, assure que le programme d’assouplissement quantitatif (QE), commencé le 9 mars et censé durer jusqu’au mois de septembre 2016 au moins, est tout à fait réalisable.

«A ce stade, nous ne détectons aucun signe indiquant qu’il n’y aurait pas suffisamment d’obligations à acheter. Les retours que nous avons des participants de marché suggèrent que la mise en place [du programme d'achat de titres] s’est faite tout en douceur et que la liquidité reste importante», a déclaré le banquier central hier, alors qu’il était auditionné par les membres de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

La BCE a annoncé qu’elle comptait, avec les banques centrales nationales, acheter quelque 60 milliards d’euros de titres publics, de titrisations et d’obligations sécurisées par mois jusqu’à la fin de septembre 2016 au moins pour tenter de ramener l’inflation vers sa cible de 2%. Certains analystes et économistes ont mis en doute la capacité de la BCE à trouver suffisamment de titres publics à acheter pour respecter les objectifs fixés. Hier, la BCE a annoncé qu’elle avait acheté quelque 26,3 milliards d’euros de titres d’Etat, d’institutions supranationales et d’agences au cours des deux premières semaines du programme dit PSPP, dont 16,5 milliards d’euros rien que sur la deuxième semaine.

Les achats d’obligations sécurisées ont d’ores et déjà atteint 60 milliards d’euros depuis leur lancement en octobre dernier. En revanche, les achats de titrisations restent très limités à ce jour dans un marché qui tourne au ralenti. Ils atteignent seulement 4 milliards d’euros alors qu’ils ont commencé au mois de novembre dernier.

Le président de la BCE s’est aussi employé à défendre la position de son institution vis-à-vis de la Grèce, niant tout chantage, alors que le premier ministre grec demande à ce que la banque centrale accepte de nouveau les titres grecs en collatéral. La BCE a décidé de ne plus le faire faute d'accord entre les Européens et Athènes sur son programme de réformes. 

«La BCE est exposée à hauteur de quelque 104 milliards d’euros vis-à-vis de la Grèce. Ce qui est équivalent à 66% du PIB grec et ce qui représente la plus haute exposition dans la zone euro. De quel chantage parlons-nous ?, a fait valoir Mario Draghi en réponse à la question d’une députée. Nous n’avons créé aucune règle pour la Grèce. Les règles étaient en place et elles ont été appliquées».

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