Un groupe d'experts propose de diviser par deux le coût des IPO en Europe

le 24/03/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'European IPO Task Force a publié hier ses recommandations pour inciter les PME de croissance à revenir vers la Bourse.

L’eurodéputé Philippe de Backer préside la «European IPO Task Force». © European Union EP

Le récent regain des introductions en Bourse ne doit pas faire illusion. «Les marchés européens des IPO doivent devenir beaucoup plus accessibles qu’aujourd’hui aux entreprises plus petites», selon la «European IPO Task Force». Ce groupe de travail, qui rassemble les associations européennes des Bourses (Fese), des émetteurs (EuropeanIssuers) et du capital investissement (Evca), et qui est présidé par l’eurodéputé Philippe de Backer, a publié hier une série de recommandations. Son rapport s’inscrit dans les réflexions de la Commission européenne sur la création d’une union des marchés de capitaux.

Les experts se sont concentrés sur les caractéristiques structurelles du marché des IPO plutôt que sur les processus techniques d’entrée en Bourse ou les spécificités nationales, qui font l’objet de réformes à part, comme en France récemment. Avec un triste constat: entre 2001-2011, le nombre d’IPO et le montant de capitaux levés a baissé dans l’OCDE par rapport à la période 1993-2000, et le rebond de 2012-2013 est moins important que par le passé. Un recul surtout imputable au désintérêt des PME pour la Bourse.

«Un, les IPO des petites entreprises sont devenues moins visibles. Deux, les coûts fixes des IPO sont devenus plus élevés», note le rapport. La Task Force suggère donc à la Commission européenne de prendre un arsenal de mesures qui permettraient de réduire de 30% à 50% les coûts administratifs de cotation. Au menu: alléger les obligations d’information ou encore exempter les PME de croissance des règles de gouvernance européennes en matière de rémunérations (say on pay) ou de comités d’audit. Le rapport prône également une refonte de la directive prospectus, que Bruxelles a d’ailleurs engagée le mois dernier.

La Task Force se préoccupe aussi du courtage actions. Alors que le projet de réforme des commissions de brokerage en Europe pénalise l’activité d’analyse financière des small et midcaps, le rapport envisage d’autres pistes, comme la création de bases d’informations alternatives (fournies par exemple par les Bourses) sur les petites valeurs cotées. Il suggère par ailleurs que la réglementation Mif 2 s’appliquant aux courtiers soit aménagée pour ne pas pénaliser le trading des petites capitalisations.

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