Les banquiers centraux américains surveillent de près la vigueur du dollar

le 24/03/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Plusieurs membres du comité de politique monétaire ont évoqué récemment l'impact de la hausse du billet vert sur les perspectives économiques américaines.

La force du dollar est surveillée de près par les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine alors que celle-ci pourrait bientôt décider de relever ses taux pour la première fois depuis 2006.

«J’ai fait part de mes inquiétudes à propos de la force du dollar», a déclaré le président de la Fed d’Atlanta, Dennis Lockhart la semaine dernière. Alors que la Banque centrale européenne (BCE) n’a eu de cesse d’assouplir sa politique monétaire, le dollar s’est apprécié de près de 27% par rapport à l’euro sur un an. Il s’est aussi apprécié de plus de 7,5% depuis le début de l’année, rapporté aux principales devises mondiales et pondéré par les échanges, selon l'indice DXY. Dennis Lockhart, qui estime qu’une hausse des taux pourrait être justifiée dès le mois de juin prochain, a cependant fait valoir que la question du taux de change ne bouleversait pas sa vision des choses. La semaine dernière, la Réserve fédérale américaine a fait un nouveau pas en direction d'une hausse prochaine des taux en décidant de ne plus faire appel à la «patience», dans son communiqué.

Le président de la Fed de Chicago, Charles Evans, qui est partisan d’un maintien des taux proches de zéro jusqu’en 2016, a aussi alimenté le débat sur la hausse du dollar en indiquant que cela avait conduit la Fed à revoir ses prévisions trimestrielles «Le dollar s’est apprécié sur la période, nous devons regarder et analyser quelles sont les implications pour le potentiel de croissance à l’avenir», a-t-il déclaré vendredi dernier. «Il semble logique que cela conduise à un ralentissement, probablement transitoire, des exportations nettes et aussi au fait que les prix des produits importés maintiennent l’inflation un peu plus basse».

Lors de sa dernière conférence de presse, la président de la Fed, Janet Yellen, a reconnu que la hausse du dollar avait un impact sur les exportations. Elle a cependant appelé à le relativiser en soulignant que c’était un signe de la force de l'économie américaine et seulement un des facteurs qui pesaient sur les perspectives économiques. Le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, a repris ces arguments hier et assuré que la politique de la BCE, devrait soutenir la croissance européenne et donc les exportations américaines, en dépit de la hausse du dollar.  

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