La Fed tente de mettre un frein aux réactions excessives des marchés

le 20/03/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le dollar a chuté de 3% après la réunion du FOMC mercredi avec les taux américains, mais les marchés ont déjà effacé hier une partie de ces excès.

La Fed impose une transition en douceur. Si l’autorité a fait un nouveau pas vers l'enclenchement de son processus de normalisation monétaire en supprimant comme prévu le mot «patient» du communiqué de la réunion du FOMC, la forte baisse parallèle des projections de hausse de l'objectif de taux Fed funds («dots») a entrainé un violent mouvement de correction des marchés. L’indice dollar DXY chutait mercredi soir de 3,2% à 96,63, alors que la parité contre euro repassait au-dessus du seuil de 1,10. Le rendement des Treasuries a quant à lui chuté de 15 pb sur la partie 2 ans et 10 ans, pour revenir à respectivement 0,53% et 1,90%.

«S’ils sont très difficiles à quantifier, il y a eu des moments où le marché d’actifs le plus liquide au monde l’était nettement moins mercredi. Dans ces circonstances, des petits déséquilibres ont conduit à des fortes variations de prix bien plus importantes que ne le justifiait l’actualité. Or, ce type de variations a tendance à s’inverser», explique Citigroup. L’indice DXY corrigeait déjà hier une partie de ses excès en reprenant 2% par rapport à ses plus bas de la veille, et les taux 2 et 10 ans remontaient de 5 pb. «Il y a eu des prises de profits après la réunion mais les positions restent très largement acheteuses de dollars», précise Citigroup.

Sur le marché des Futures, les contrats Eurodollar anticipent désormais à 80% une première hausse des taux de 25 pb en juin et une autre au deuxième semestre, soit 25 pb de moins qu’il y a deux semaines, suivis par 100 pb de hausses supplémentaires en 2016. Depuis début mars, les marchés ont ajusté à la baisse de 38 pb leurs prévisions de taux Fed funds à horizon fin 2017 pour les faire revenir à moins de 2%. Si les prévisions médianes du FOMC ont été sensiblement réajustées à la baisse et sont désormais en ligne avec celles du marché pour fin 2015, elles leur sont toujours supérieures de 40 pb à horizon fin 2016 et de 114 pb à fin 2017.

«Même si le resserrement de la Fed se fera lentement, la divergence entre les Etats-Unis et le reste du monde devrait s’accroître», estime Citigroup qui ajoute que la dynamique de la hausse du dollar reste ainsi en place. Le Trésor irlandais a d'ailleurs symboliquement concédé hier pour la première fois un taux négatif de -0,01% sur une émission de titres courts d’échéance janvier 2016, alors que le rendement du Bund allemand chutait à un nouveau plus bas historique de 0,167%.

A lire aussi