Le QE européen favorise la collecte des fonds high yield

le 27/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après un deuxième semestre difficile en 2014, les émissions et les flux entrants sont repartis en 2015. Mais les fondamentaux économiques restent fragiles.

L’évolution du marché européen des obligations à haut rendement (high yield) en 2015 était source de perplexité en fin d’année dernière: très dynamique au premier semestre 2014, la demande s’était fortement tassée à l’arrivée de l’été. Mais ce retournement ne s’est pas prolongé en 2015.

«Alors que nous avons assisté quasiment chaque semaine à des décollectes au second semestre 2014, les fonds high yield européens ont vécu un redressement notable en début d’année», indique Deutsche Bank, qui invoque l’effet des politiques accommodantes des banques centrales. Malgré un début d’année assez lent, le marché a enregistré six semaines consécutives de collecte, qui ont cumulé 2,6 milliards de dollars, selon la banque allemande. «A titre de comparaison, le second semestre 2014 affiche une décollecte de 4,3 milliards», précisent ses stratégistes.

L’horizon semble d’autant plus dégagé à Deutsche Bank que selon ses calculs, le montant des émissions libellées en euro et en livre sterling de sociétés non financières serait à ce jour supérieur de 4 milliards d’euros à ce qu’il était à la même période en 2014 et 2013. Or, celles-ci se sont révélées deux millésimes exceptionnels.

Certains en appellent toutefois à la patience: «Les montants échangés sur le marché secondaire demeurent faibles. La collecte répond également à un marché primaire calme (les émissions high yield ont atteint 1,9 milliard d’euros la semaine dernière) dans la mesure où les sociétés ne souhaitent pas mobiliser davantage de sources de financement pour l’instant. Alors que les spreads restent importants (la différence entre des signatures notées BB et B atteint 326 points de base), les entreprises de taille plus petite pourraient attendre que le QE provoque un resserrement avant d’émettre plus tard dans l’année», expliquent les analystes de RBS.

D’autant plus que le contexte économique qui sous-tend la croissance du marché du high yield reste sujet à de nombreuses incertitudes en Europe. «Nous sommes favorables au high yield américain en raison de fondamentaux plus solides qu’en Europe», estime RBS, qui manifeste toutefois son intérêt pour les signatures européennes notées B et exportatrices: elles devraient bénéficier du QE européen, de la faiblesse de l’euro, et présenter un éventail de valorisations assez large. «Nous recommandons en particulier les émetteurs B les plus importants, qui devraient bénéficier d’une plus forte liquidité».

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