La pression de la BCE s'accroît sur les courbes de taux en zone euro

le 27/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un tiers des emprunts d'Etat traite à des rendements négatifs, jusqu'à 7 ans pour l'Allemagne. Le phénomène touche désormais le marché primaire.

L’imminence du lancement par la BCE de son programme d’achats de dette souveraine en zone euro continue d’exercer une pression irrésistible sur les courbes de taux. Hier, pour la première fois, le rendement des Bunds à 7 ans est passé sous zéro sur le marché secondaire. Les deux tiers de la dette allemande traitent désormais à des taux négatifs. «Les obligations à rendements négatifs sont la classe d’actifs qui croît le plus vite en Europe, puisqu’elles représentent 32,5% du stock de dette souveraine de l’union monétaire, soit 2.200 milliards d’euros contre 110 milliards il y a un an», relève Alberto Gallo, stratégiste de RBS.

Cette pression s’exerce aussi sur le marché primaire. La semaine dernière, la France a abondé une souche octobre 2017 à un taux moyen pondéré de -0,1% et a adjugé des obligations 2020 à coupon nul. Mercredi, l’Allemagne a levé 3,28 milliards d’euros à 5 ans à un rendement moyen (jusqu’à maturité) de -0,08%, une première dans l’histoire du pays. Les pays d’Europe du Sud sont encore loin de se financer à des rendements négatifs, mais ils profitent de l’aubaine. Le Portugal a émis 1,5 milliard mercredi à 10 ans, à un rendement jamais vu de 2,04%, et a relevé la taille de l'opération devant la demande des investisseurs. Le Trésor espagnol, lui, a reçu plus de 20 milliards d’euros d’ordres pour la syndication d’un emprunt de 7 milliards à 15 ans, réalisée à une marge de 100 pb au-dessus des swaps, soit 1,98%.

«Il est encore trop tôt pour jouer contre ce rebond [des prix des obligations], les signatures à bêta plus élevé restant le meilleur cheval sur lequel parier pour le moment. Et cela restera le cas à l’approche du programme d’assouplissement de la BCE», estiment les stratégistes de SG CIB.

Les deux tiers de la dette allemande traitent désormais à des taux négatifs. Illustration L'Agefi.
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Les deux tiers de la dette allemande traitent désormais à des taux négatifs. Illustration L'Agefi.

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