L'horizon de financement de la Grèce d'ici à juin reste à éclaircir

le 26/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Athènes doit encore négocier la couverture de ses besoins des prochaines semaines, sur fond d'exécution budgétaire dégradée en janvier.

Un pays sous programme d’aide internationale, mais encore privé de financement. Telle est la situation paradoxale de la Grèce après l’accord préliminaire trouvé mardi avec ses créanciers. Athènes a jusqu’à fin avril pour préciser la liste de réformes transmises cette semaine à ses partenaires de la zone euro. Seule une validation définitive et l’achèvement de la revue du programme actuel permettront de débloquer les 7,2 milliards d’euros qui restent à verser au pays dans ce cadre.

Dans l’intervalle, le financement de la Grèce reste nébuleux. «Cela veut dire que le Trésor grec pourrait se trouver à court de cash dans les semaines qui viennent», rappelle Alberto Gallo, stratégiste chez RBS. Le pays a près de 6 milliards d’euros à rembourser en mars, puis environ 3 milliards en avril et 2 milliards en mai, la grande majorité sous forme de bons du Trésor qu’il se contente de refinancer.

Dans le même temps, la situation des finances publiques s’est dégradée ces dernières semaines. «L’économie a eu un accès de faiblesse et est peut-être retombée en récession; les recettes fiscales ont fortement baissé au risque de faire retourner le pays en déficit primaire», énumère David Mackie, économiste chez JPMorgan. Hier, Athènes a fait état de recettes d’impôt direct de 36% inférieures à son objectif en janvier. Selon la presse locale, la perspective d’une victoire de Syriza aurait poussé certains Grecs à décaler le paiement de leurs impôts et taxes. L’excédent primaire de l’administration centrale a atteint 443 millions pour le mois, alors que la cible était trois fois plus élevée.

Dès hier, les négociations entre Athènes, le FMI et l’UE ont donc repris sur la couverture des besoins de financement immédiats du pays. La solution la plus simple pour Athènes serait de relever la limite de son stock de bons du Trésor, fixée par la BCE à 15 milliards d’euros, et de s’appuyer sur ses banques pour refinancer ses T-bills. Les autres options sont plus douloureuses ou difficiles à atteindre: accroître les arriérés de paiement de l’Etat, pomper la trésorerie des entreprises publiques, compter sur des recettes de privatisation ou obtenir du FMI un délai de grâce sur ses prêts.

Pour l’heure, l’Eurogroupe a simplement promis de soutenir la Grèce «tant qu’elle honore ses engagements». «La Grèce reste dépendante des décisions de la troïka, même sous un nom différent», résume Alberto Gallo.

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