L’horizon économique en zone euro semble se dégager légèrement

le 06/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Commission table désormais sur une croissance du PIB de 2,3% en Espagne en 2015, de 3,6% en Irlande, de 1,6% au Portugal et de 2,5% en Grèce.

Les bonnes nouvelles se faisaient rares en zone euro. Malgré les risques pesant sur la Grèce, la Commission européenne a dressé des perspectives économiques meilleures que prévu pour l’ensemble de la zone, avec un rythme de croissance du PIB désormais attendu à 1,3% cette année et 1,7% en 2016, soit 0,2 point de plus qu’il y a trois mois, après 0,8% en 2013. Un rythme qui rejoint ainsi celui du Japon, mais reste très inférieur à celui de 3,5% prévu pour les Etats-Unis, de 2,6% pour le Royaume-Uni et de 3,6% au niveau mondial.

Les pays de la zone euro devraient bénéficier de la chute du prix du pétrole et de l’euro. «Les consommateurs de la zone euro ne bénéficieront sans doute pas autant de la baisse des prix du pétrole qu’aux Etats-Unis, mais elle offrira néanmoins un soutien important aux revenus disponibles des ménages», explique HSBC. Bruxelles estime de son côté que la dépréciation du taux de change réel de l’euro de 5% constatée depuis mars 2014 devrait accroître le PIB de la zone de 0,3% cette année et 0,2% en 2016.

L’économie espagnole ressort gagnante avec une croissance attendue à 2,3% cette année, 0,7 point de plus que celle prévue il y a seulement trois mois, après 1,4% en 2014. Les dépenses d’énergie représentent 12% du panier de consommation des ménages espagnols, et le pétrole à lui seul 7%, contre 4,8% dans la zone euro, explique HSBC. Une reprise qui se paierait néanmoins par une inflation négative de 1% en moyenne sur 2015.

L’Irlande devrait quant à elle maintenir un rythme de croissance élevé de 3,6%, après 4,8% l’an dernier. L'accélération de la reprise au Portugal serait de 0,6 point à 1,6%, et d’un point en Grèce à 2,5%, avec une révision à la baisse limitée à 0,4 point depuis novembre. La France devrait retrouver une croissance de 1% et l’Allemagne stabiliser la sienne à 1,5%, alors que l’Italie resterait à la traîne avec une reprise limitée à 0,6% après deux ans de récession.

«Nous avons constaté récemment une inflexion importante dans le débat sur la politique budgétaire qui, à la marge, devrait contribuer à la reprise de l’activité en zone euro au cours des prochains trimestres», ajoute BNP Paribas. Entre le plan d’investissement européen et une réduction du déficit limitée à 0,1 point, après 0,3 point en 2014, «la politique budgétaire ne pénalisera pas la croissance cette année pour la première fois depuis 2009», précise la banque.

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