Les émissions sur le marché primaire du crédit ont nettement ralenti

le 03/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré les belles opérations d'Altice, Carrefour, Unilever, Eni ou Wendel, les volumes levés ont chuté à 23,2 milliards d’euros la semaine dernière.

Le marché du crédit marque le pas. Les émissions ont connu un ralentissement la semaine dernière avec des volumes de 23,2 milliards d’euros, après respectivement 30,5 milliards et 65,9 milliards les deux semaines précédentes. Malgré l’opération de 5,34 milliards d’euros en cinq tranches menée par Altice qui a dynamisé le segment high yield (HY), la catégorie investment grade (IG) a continué d’écraser le marché en accaparant 88% des émissions totales.

Sur janvier, le volume d’émissions a atteint 167,3 milliards d’euros en 179 tranches, contre 167,6 milliards en 188 tranches en janvier 2014. Les institutions financières ont levé 67,8 milliards (40,5%), les quasi-souverains 69,2 milliards (41,5%), et les entreprises 30,3 milliards (18%).

Achmea a émis 750 millions d’euros de dette subordonnée perpétuelle avec une date de «call» en 2025 à un spread de 355 pb au-dessus du taux mid-swap. Il s’agit ainsi de la deuxième émission subordonnée d’assurance de l’année après celle réalisée par le Crédit Agricole Assurances. La souche possède une clause de différé obligatoire en cas de franchissement du ratio SCR sous les 100%, répondant aux exigences de Solvabilité 2. L’assureur hollandais a également annoncé le rachat sur la dette tier 1 de «call» juin 2015 à un prix de 101,5% correspondant à son cours sur le marché secondaire. «Outre l’émission d’Altice, c’est celle d’Achmea qui remporte la palme du resserrement», indique la recherche crédit de Kepler Cheuvreux.

L’inquiétude sur la dette grecque a pesé sur les marchés la semaine dernière, avec un écartement des indices «Main» de 4,25 pb et «X-Over» de 20,5 pb. «Le crédit cash corporate IG est demeuré solide, comme en témoignent les très bonnes conditions dans lesquelles sont sorties de nombreuses émissions non-financières, largement sursouscrites et placées à des conditions nettement inférieures aux objectifs initiaux (Carrefour, Unilever, Eni)», nuance cependantNatixis.

Le spread entre les émetteurs «BBB» et «A» s'est resserré de 75 pb mi-décembre à 60 pb, alors que celui entre les émetteurs « BBB » et «BB» s’est écarté d’environ 20 pb. «Le déplacement à la baisse des stratégies d’investissements en faveur des notations 'BBB' pourrait continuer pour se transmettre au marché du HY. Les investisseurs européens sont toujours à la recherche de rendements, ce qui les poussera vers les notes «BB»», estime SG CIB.

Emissions sur les crédits. Illustration L'Agefi.
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Emissions sur les crédits. Illustration L'Agefi.

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