Danièle Nouy veut revoir le traitement du risque souverain

le 03/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La responsable de la supervision européenne est favorable à l'imposition d'exigences en capital pour les détentions de titres souverains.

Danièle Nouy, à la tête du nouveau mécanisme de supervision unique européen (MSU), a une fois de plus souhaité que les titres de dette souveraine ne soient plus considérés comme des actifs sans risque. Le comité de Bâle devrait s’attaquer à ce sujet sensible dès cette année.

Le principe selon lequel les titres d’Etat ne sont pas ou très peu risqués a été remis en question par la crise de la dette souveraine et notamment par la restructuration de la dette grecque. Plus récemment, la Banque centrale européenne (BCE) a implicitement reconnu le danger que peuvent représenter les risques souverains en décidant de ne pas en mutualiser une grande partie dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif (QE) qui débutera en mars, mais de les répartir entre les banques centrales nationales.

«Il a été confirmé pendant la crise qu’il n’y avait pas d’actifs sans risque», a déclaré ce week-end la responsable du nouveau mécanisme de supervision européen, selon Bloomberg. «Donc, il devrait y avoir une pondération par les risques, et des exigences en capital pour les expositions souveraines», a déclaré l’ancienne secrétaire générale de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution française. Et d’ajouter, «cela arrivera».

«Il est probable qu’au bout du compte, cela ne sera pas beaucoup, les exigences en capital seront limitées car en moyenne, ces expositions sont de bonne qualité», a poursuivi Danièle Nouy. «Il y a certaines voix qui recommandent la prudence, car nous ne sommes pas sortis de la crise, mais je n’ai pas rencontré ce que j’appellerai de la résistance à ce sujet, au moins parmi les superviseurs».

Danièle Nouy milite depuis plusieurs années pour une révision du traitement du risque souverain dans la régulation bancaire. «Certaines grandes banques utilisent des modèles dans lesquels le traitement normal du risque souverain n’est pas celui du risque zéro de l’approche standard», expliquait-elle dans le cadre d’un entretien au Financial Times au début de 2014. Le superviseur avait alors suggéré de fixer des limites d’exposition.

Dans son programme de travail pour les années 2015 et 2016, le Comité de Bâle a fait savoir qu’il avait décidé d’entamer une revue du traitement du risque souverain dans la régulation. Ce travail «sera conduit de manière prudente, globale et graduelle», insiste l’organisation qui regroupe les superviseurs et régulateurs bancaires.

A lire aussi