L’industrie française reflétera la modeste reprise de l’économie en 2015

le 21/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’activité devrait évoluer entre -2% et +2% pour 85% des 33 secteurs industriels analysés dans la dernière étude du Crédit Agricole-LCL.

La dépréciation de l’euro et la chute du prix du pétrole devraient permettre à l’économie française de sortir progressivement de sa léthargie en 2015, si l’on en croit la 42e édition de l’étude «France Secteurs» publiée hier par le Crédit Agricole-LCL. Après une croissance de 0,4%, plus de deux fois inférieure à celle de la zone euro l’an dernier, la France réduirait cet écart en enregistrant une progression de 0,9% du PIB, contre un rythme de 1% anticipé en zone euro. La consommation des ménages français atteindrait 1%, après seulement 0,3% au cours des deux années précédentes.

Les difficultés structurelles qui pénalisent l’Hexagone depuis plusieurs années, à savoir une compétitivité détériorée, accompagnée d’un taux de chômage et d’une dette publique tous deux élevés, feront toujours sentir leurs effets. Si l’ajustement budgétaire se poursuit, les autorités européennes ont estimé que le déficit public français de 4,1% prévu pour 2015, après 4,4% l’an dernier, était encore trop important.

Le pétrole moins onéreux facilitera cependant la reconstitution des marges des entreprises non financières. Leur taux de marge (excédent brut d’exploitation rapporté à la valeur ajoutée) est en effet resté très bas l’an dernier en raison de l’impact de la hausse de la TVA et d’une légère progression des salaires. «L’euro plus faible, résultat des mesures mises en œuvre par la BCE, soutiendra la légère accélération des exportations, qui accompagnera le renforcement progressif de la croissance mondiale», estime également l’étude.

Les réformes structurelles mises en place devraient en outre commencer à produire leurs effets. Le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et les allègements de charges contenus dans le pacte de responsabilité stimuleront le redressement des bénéfices et donc la reprise des dépenses d’investissements.

L’évolution des 33 grands secteurs industriels analysés par LCL témoigne de cette reprise en demi-teinte, avec une prévision d’activité comprise entre -2% et 2% pour 85% d’entre eux. Mais certaines industries spécialisées dans les biens d’équipement semblent en mesure de tirer leur épingle du jeu. La construction et réparation navale continuerait à se distinguer avec une accélération de sa production en volume (+20% après une hausse de 15% en 2014) en raison «des commandes records conclues par STX dans la croisière, des succès des autres chantiers dans le secteur militaire et des perspectives favorables de l’éolien offshore».

La filière aéronautique et spatiale devrait tirer parti des augmentations de cadences décidées par Boeing et Airbus et de la montée en puissance du programme A350 dans l’aviation civile; le marché militaire se caractérise toujours par des budgets sous contrainte mais le projet de loi de finances «ne prévoit pas de nouvelles coupes dans les dépenses». L’industrie des composants électroniques devrait être encore tirée par le secteur du transport et par la demande de «jeunes pousses» du secteur numérique.

Avec un recul attendu d’environ 3% de son activité, la construction dans son ensemble ressortirait en queue de peloton, avec une poursuite du recul des mises en chantier pour les maisons individuelles et une stabilisation à un bas niveau pour les logements collectifs. Quant aux travaux publics, ils seront affectés par «le cycle électoral, les contraintes budgétaires et le manque de vigueur de la reprise», ce qui bridera la commande publique et privée.

Etude «France Secteurs» publiée par le Crédit Agricole-LCL. Illustration L'Agefi.
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Etude «France Secteurs» publiée par le Crédit Agricole-LCL. Illustration L'Agefi.

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